Les ressources naturelles pour les uns, la vision et le leadership des dirigeants pour les autres...Combinés ou pas, les dirigeants africains ont pris le pari de transformer chaque obstacle en opportunité enviable. Au nord comme au sud du continent, c’est la course vers l’émergence. Cap sur 2020 pour les plus pressés. Les prudents, quant à eux, ont affiché 2035.
Ni espoir ni élan d’actions n’étaient jusqu’alors perceptibles sur l’ensemble du continent. Et les mauvais clichés n’aidaient pas à faire avancer les choses. “Vera est”, la construction de l’Afrique a pris beaucoup de retard.
Aujourd’hui
encore, les populations semblent ne pas vouloir rêver à cette émergence, avec
leurs dirigeants. Elles estiment, à tort ou à raison, que c’est un slogan, un
leurre voire une utopie. Si ces critiques sont fondées, cependant une partie
visionnaire des élites africaines a pris à bras-le-corps la question de
l’émergence.
Par leurs
actions, l’Afrique est désormais la convoitise des puissants et sa position
s’améliore aux yeux des investisseurs. L’Afrique est-elle sur la (bonne) voie
de l’émergence ?
L’AFRIQUE A TOUT POUR REUSSIR
Primo, l’on
peut observer un retour à la croissance. Elle s’appuie essentiellement sur cinq
(05) piliers : le « boom » de l’exploitation des ressources minières et
pétrolières, la révolution du téléphone mobile, le dynamisme du secteur
bancaire, l’accélération dans la construction d’infrastructures et l’éclosion
d’une industrie culturelle–musicale et cinématographique. À tout ceci, il faut
ajouter la poussée de la production agricole vivrière et la forte montée en puissance
du secteur informel.
Secundo,
l’on enregistre une large diversification des ressources. Elle a commencé par
l’arrivée en force, sur le marché, des puissances émergentes - Chine, Inde,
Brésil, Turquie... qui financent d’importants projets dans les secteurs qui
intéressent leurs propres économies.
Les
multinationales et les Fonds d’investissement ainsi que les marchés financiers
locaux & internationaux de capitaux se sont joints à cette dynamique.
Et enfin,
une amélioration de la gestion macro-économique des pays africains. L’accent
est placé sur les aspects de coordination des politiques budgétaire, monétaire
et de change. Toutefois, l’analyse des conditions d’émergence, en Afrique,
présente des obstacles qui pourraient limiter le nombre de ceux qui poursuivent
cet objectif.
LES BOULETS DE L’ÉMERGENCE
Le premier
obstacle est certainement l’instabilité politique. L’Afrique a longtemps été le
théâtre de coup d’États et de guerres civiles. La majorité des États
démocratiques sont gangrénés par la corruption et n’échappent pas aux violences
politiques.
La forte
croissance démographique mal maitrisée constitue un obstacle chronique.
L’Afrique a passé le cap du milliard d’habitants. La population très jeune est un
atout, en termes de dynamisme et de main d’œuvre. Pourtant, elle est devenue un
casse-tête, pour les questions d’accès – équitable – à l’éducation et à
l’emploi. Le continent manque d’infrastructures modernes. La plupart des
équipements existants sont consacrés à l’exploitation des matières premières.
L’industrie
est dominée par les matières premières et est sujette aux aléas des cours
internationaux. L’argent tiré des ressources naturelles est beaucoup plus
profitable aux économies occidentales. Cette forme de fuite des capitaux
engendre une dépendance économique et financière du continent vis à vis de l’Occident.
La dégradation des termes de l’échange dont est victime l’Afrique contribue au surendettement
des pays africains.
Même lorsque
les États africains parviennent à atteindre des taux de croissance relativement
élevés (- 5 % en moyenne). Avec des pointes dans les pays pétroliers, celle-ci
ne réduit pas la pauvreté.
En adoptant
donc l’agenda 2063 - pour arriver à l’émergence–les États africains mesurent
l’ampleur des défis à révéler.
POUR L’EMERGENCE, ON S’ACCROCHE !
Le premier
défi consiste à améliorer les conditions de vie des populations, en épousant le
dynamisme des jeunes, en favorisant l’égalité des sexes et la promotion des
femmes africaines. Pour les gouvernants, il s’agit d’assurer la sécurité
physique des populations puis leur sécurité alimentaire et sanitaire.
L’éducation et l’emploi constituent aussi des défis importants dans la mesure
où ils conditionnent le développement des États et le niveau de vie des habitants.
Le deuxième
grand défi consiste à sortir de l’économie de rente pour promouvoir le
développement d’infrastructures et encourager les initiatives de développement
locales. Pour cela, les dirigeants doivent tenir compte des spécificités
africaines et approfondir l’intégration régionale. Dans le domaine agricole,
une révolution verte s’impose pour à une meilleure productivité.
Le troisième
défi concerne les enjeux écologiques du développement durable. Ils requièrent
une considération de l’environnement dans les prises de décision
d’investissement.
L’objectif d’ensemble
est de restructurer le processus décisionnel afin d’intégrer pleinement les
considérations socio-économiques et les questions d’environnement pour obtenir
une large participation des populations. Dans le cas particulier des
initiatives en faveur du développement durable en Afrique, l’on évoque le fait
de fournir un appui financier et technique en vue de renforcer la capacité des
pays africains dans l’adoption de mesures législatives au plan environnemental
et de procéder à des réformes institutionnelles propices au développement
durable ainsi que d’entreprendre des études d’impacts sur l’environnement, et
le cas échéant, de négocier des accords multilatéraux relatifs à
l’environnement er de les appliquer.
Ces dix (10)
dernières années ont marqué une volonté affichée des dirigeants africains
d’atteindre cet objectif, en grand nombre.
L’Afrique a
le devoir et la possibilité - scientifique et technique de mettre en place des
politiques novatrices et hardies de formation et de perfectionnement continus
de ressources humaines compétentes, en bonne santé, productives et à coût
raisonnable pour permettre à l’Afrique d’améliorer son positionnement opérationnel
et stratégique dans la compétition économique mondiale. Les gouvernements
doivent s’efforcer de promouvoir une croissance soutenue, durable,
transformatrice des modes de production et bénéfique au plus grand nombre. Ils
doivent aussi s’attacher à promouvoir les libertés individuelles, l’intégration
régionale et le capital socio-institutionnel dont regorge le continent, en
valorisant la dimension sociale du développement humain.
Aujourd’hui,
il est moins risqué d’investir sur le continent. Un point de non-retour pour
l’émergence du continent a été atteint. L’Afrique a ainsi l’opportunité de
jouer un rôle majeur au côté des autres puissances. Elle dispose d’opportunités
énormes pour accélérer sa marche vers l’émergence. La constance et la
profondeur des améliorations observées conduisent de nombreuses analyses, bien que
montrant la complexité de l’exercice, à considérer que l’étape suivante est
celle de l’émergence des États. Le présent l’exige. L’avenir l’impose.
La rédaction