L’innovation n’est pas une notion nouvelle en Afrique. Chaque jour, des milliers d’inventeurs et innovateurs tentent de trouver des solutions novatrices aux problèmes locaux grâce à la science et à la technologie. Cependant, pour y parvenir ils ont besoin de conditions favorables et du soutien de nos États africains.
L’invention et l’innovation sont confrontées en Afrique à l’inadaptation voire l’absence de politique spécifique dans la quasi-totalité des États. Cette faiblesse est caractérisée par le bas niveau des ressources consacrées à la recherche-développement et au manque de structures qui devraient faire la promotion des résultats de recherches et d’inventions. Cependant, les innovateurs et inventeurs africains sont restés actifs malgré le faible taux d’engagements des États africains.
LA RÉSILIENCE DES INVENTEURS ET INNOVATEURS AFRICAINS
Dans les
pays africains, de nombreux inventeurs et chercheurs ont élaboré des technologies
et des produits appropriés aux conditions locales et répondant aux besoins de
populations d’Afrique et d’ailleurs. Ces inventions portent généralement sur
les systèmes de production, de conservation et de transformation énergétique.
En Côte d’Ivoire nous pouvons citer Edi Abe Valère, un inventeur qui transforme
les déchets liquides de manioc en carburant alternatif.
Dans les
différentes branches d’activités de l’agriculture, l’agro-industrie et la
médico-pharmacie certains essaient de se démarquer notamment, Mabo cathy une
innovatrice ivoirienne, qui a créé une plateforme de télé médecine capable
d’apporter un réel soutien aux personnels hospitaliers. Malgré la modicité des
moyens, quelques inventeurs, se sont lancés dans la valorisation de leurs inventions.
Ils produisent de façon artisanale ou semi-industrielle.
Dans cet
ordre, si l’on se réfère aux brevets délivrés par l’OAPI aux ressortissants de
ses 15 États membres, moins de 1 % de ceux-ci connaissent un début de
réalisation.
Selon
l’Institut de statistiques de l’UNESCO, les pays d’Afrique subsaharienne ne
consacrent que 0,5 % du PIB à la recherche et au développement. En Occident, ce
pourcentage est plus proche du 3 %. 1,3 % des dépenses mondiales sont dédiées à
la recherche. Cette disparité montre à quel point les Africains sont aux prises
avec des défis de développement. L’Afrique est le foyer de 15 % de la
population mondiale et représente 5 % du PIB mondial, mais ne compte que pour
un maigre 1,3 % des dépenses mondiales en recherche.
Toutefois
ces tendances ne sont pas propres à tous les pays d’Afrique.
CERTAINS PAYS AFRICAINS TENTENT DE FAIRE BOUGER LES LIGNES
Il y a des
États africains qui investissent massivement dans l’innovation découlant
d’activités scientifiques. En Afrique du Sud, par exemple, les autorités se
sont engagées à doubler les dépenses en recherche et développement d’ici 2023 à
1,5 % du PIB. Ceci donne suite à un engagement des chefs d’État de l’Afrique pris
en 2016 pour relever les budgets en science et technologie à au moins 1 % du
PIB d’ici 2025. Quelques pays, dont le Kenya, le Rwanda et le Sénégal - mettent
tout en œuvre pour atteindre ce seuil de financement.
Malheureusement,
la plupart des États africains ne disposent pas de ressources pour financer les
programmes de recherche. Il faut donc que les États africains adoptent une démarche
collaborative afin de fédérer leurs efforts.
LES ÉTATS AFRICAINS DOIVENT ACCENTUER LEURS EFFORTS
Si nous
voulons véritablement encourager l’invention et l’innovation, il nous faut
d’abord nous tourner vers cet être créatif particulier.
Pour ce
faire, il faut qu’il existe une politique de promotion de l’invention et de
l’innovation qui prenne en compte l’inventeur comme élément central et qu’il y
ait une synergie entre les actions des organismes gouvernementaux et celles des
groupements ou d’associations d’inventeurs. En plus les dirigeants de l’Afrique
doivent collaborer avec les PDG, les philanthropes et les donateurs convaincus
de la valeur à long terme des investissements en science. Quant aux universités
et institutions africaines, elles devraient orienter leurs programmes de
recherche sur les objectifs nationaux et régionaux.
C’est ainsi
que la société tirera le meilleur profit de l’activité inventive.
La rédaction