Dans mon histoire, ce voyage a commencé très tôt
Enfant, j’ai
perdu mon père très jeune, je ne garde de lui que des souvenirs furtifs, des
bribes d’émotions et des photos. Son absence a laissé en moi une brèche que je
n’avais ni les mots ni la maturité pour comprendre, mais je me sentais
différente, marginale, j’étais l’orpheline. J’observais la vie derrière une
vitre, sans vraiment y entrer.
Ce sentiment
d’injustice et de fragilité m’a poussée à revêtir une forme de protection
émotionnelle : cette pudeur du cœur qui vous apprend à sourire quand vous
souffrez, à rire quand vous tremblez, à cacher vos secousses derrière un air
serein.
Mes
émotions, je les enterrais si profondément que mon corps en devenait le seul
messager : crampes d’estomac, poids sur la poitrine, fatigue sans cause
apparente. Je portais une armure que je confondais avec de la force.
Mais j’avais
un refuge : l’écriture qui m’a offert une maison intérieure, un lieu où je
pouvais enfin respirer sans masque, exprimer mes blessures, déverser ma
douleur.
Mon autre
amie lecture m’a ouvert à d’autres univers : des mondes qui m’ont appris que
l’on peut être à la fois fragile et infiniment résilient, heureux malgré ses
malheurs et chanceuse d’être vivante.
Mon enfance
jusqu’a l’âge de 10 ans été ponctuée par des années de maladie et d’hôpitaux,
qui m’ont offert une autre révélation : j’ai appris la gratitude, et vécu dans
ma chair la résilience du corps. Apprendre à se relever, réapprendre les gestes
simples. Revivre tout simplement.
Adolescente,
je découvre l’internat : un choc certes mais aussi un miroir et surtout un rite
de passage. J’y ai rencontré d’autres façons d’exister, d’aimer, de penser,
d’être. J’y ai connu les nuits d’angoisse, les rires partagés, les premiers chagrins
d’amitié, les premières victoires d’indépendance.
J’y ai
appris cette vérité simple et libératrice : la vie ne nous demande pas d’être
parfaits… juste d’être et d’exister dans notre authenticité et avec simplicité.
J’ai compris que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais un langage.
Et que se
cacher finit toujours par coûter plus cher que se montrer.
Puis il y a
eu les voyages au bout du monde, j’ai appris que partir, c’est souvent se
retrouver. J’ai découvert que le monde est un miroir, une rencontre d’un autre
soi, des retrouvailles intimes.
C’est au fil
de ces traversées que mes grandes questions ont donné naissance à un constat
profond :
• On ne
guérit pas du regard des autres. On apprend à se regarder soi-même avec
honnêteté.
• Le courage
d’être soi commence le jour où l’on cesse d’être défini par nos blessures pour
devenir défini par nos choix.
Aujourd’hui,
je sais que les autres sont une école. Ils nous bousculent, nous révèlent, nous
élèvent. Ils exposent nos zones d’ombre autant qu’ils illuminent nos richesses.
Mais jamais ils ne doivent devenir la mesure de notre identité.
Être soi
parmi les autres, ce n’est pas se retirer du monde.
C’est y
entrer avec vérité. C’est choisir la cohérence plutôt que la conformité. La paix
intérieure plutôt que la performance extérieure.
L’authenticité
plutôt que l’approbation et la validation.
Alors, à
vous qui me lisez je pose ces questions : Qui seriez-vous si le poids du regard
des autres ne retenait plus vos ailes ? Que feriez-vous si vous n’aviez pas
peur ?
Fermez les
yeux. Respirez. La version authentique et sincère de vous existe déjà. Elle
attend juste votre permission pour émerger. Le courage d’être soi n’est pas un
exploit spectaculaire.
C’est un
engagement intime, un acte de tendresse envers l’enfant que nous avons été, un
acte de lucidité envers l’adulte que nous devenons, un acte de générosité
envers le monde que nous influençons, un acte d’amour envers notre famille.
Alors osez briller en toute authenticité avec vos forces et vos faiblesses, vos joies et vos peines, vos échecs et vos succès. Assumez-vous tel que vous êtes car ce monde pour qui vous portiez un masque c’est de votre véritable identité qu’il a besoin pour apprendre, guérir et grandir.
Nabou Fall
Coach en
leadership et communication transformationnelle-contributrice