Cette mobilisation est d’abord un hommage. Elle traduit la reconnaissance d’un peuple envers un artiste qui a contribué à son imaginaire collectif. Elle prouve que l’impact culturel a une valeur réelle, même lorsqu’il n’a pas toujours été rémunéré à sa juste mesure.
Mais au-delà
de l’émotion, cette situation révèle une réalité plus large : en Afrique
francophone, de nombreux talents évoluent dans des secteurs encore peu
structurés. Le cinéma, la musique, l’art en général produisent de la valeur
symbolique et sociale immense, mais les mécanismes de protection financière
restent souvent insuffisants.
L’histoire de
Fortuné n’est pas celle d’un homme qui aurait « mal géré ». C’est plutôt
l’histoire d’un écosystème qui est encore en construction.
Par ailleurs,
cette mobilisation montre la puissance des communautés africaines. En 48
heures, des milliers de personnes ont transformé leur gratitude en action
concrète. Ces bienfaiteurs ont démontré leur solidarité et leur soutien à l’acteur
ivoirien.
La beauté de
la vie consiste à partager et à œuvrer pour le bonheur de l’autre. Vivre pour
rendre son prochain heureux. Tel devait être la règle de conduite de chacun de
nous.
Ce n’est pas
la première fois que les internautes se mobilisent pour apporter de l’aide et
du soutien à des personnes (célèbres ou pas) en difficulté. On se souvient de la
créatrice de contenus Inadebelle et du vieux Poki, l’homme qui n’avait jamais
touché 10 000 FCFA pour lui-même.
Grâce à une mobilisation
exceptionnelle le vieil homme a eu droit à vie décente. La collecte de fonds
avait permis de récolter plus de 10 millions de FCFA.
La grandeur d’une société se mesure non pas à la richesse de ses plus fortunés, mais à la vitesse à laquelle elle se retourne pour ses oubliés. En 48 heures, la Côte d'Ivoire a répondu présent. Ce réflexe de solidarité, s'il devient une culture et non une exception, est le fondement le plus solide sur lequel un peuple peut construire son avenir.
Richard Konan