« L’égalité entre l’homme et la femme signifie l’égalité dans la dignité et la valeur, en tant qu’être humain ; de même que l’égalité des droits, des chances et des responsabilités. » Cette déclaration faite lors d’une conférence qui s’est tenue en été 1975, patronnée par les Nations Unies, est la partie d’une résolution, intitulée « Plan mondial d’action ».
Depuis les balbutiements du mouvement de libération de la femme, les femmes, dans de nombreux pays, ont pris une place sans précédent sur le marché de l’emploi, dans la sphère politique et dans la vie publique. En 1963, dans son livre « La femme mystifiée », l’auteur américain, Betty Friedan, évoquait ce qu’elle appelait le « problème indéfinissable ».
À l’époque, elle mit en évidence le malaise dont souffraient
les femmes des classes moyennes, prises au piège dans une vie entièrement
consacrée à leurs maris et à leurs familles. Pour bon nombre de femmes soumises
à une constante frustration, le livre toucha une corde sensible, qui continue
de vibrer aujourd’hui. De ce mécontentement individuel, est né un mouvement
social de grande ampleur, visant à libérer les femmes de la « domination »
masculine.
Les principaux terrains d’affrontement furent la famille,
l’esclavage domestique et le monde du travail.
Dans de nombreux pays, le mouvement féministe a fait évoluer
l’état d’esprit de toute la société. Citons une prise de conscience des
problèmes des femmes, une approche plus impartiale de leurs sujets de préoccupations
et une reconnaissance accrue pour leurs compétences. L’évolution des esprits
s’est traduite ensuite par des réformes concrètes. Des femmes ont fait leur
entrée au sein de conseils d’administrations, des bastions traditionnellement
masculins. À propos de la révolution « non sanglante » qui l’avait amenée au pouvoir
en 1986, la présidente philippine Corazon Aquino avait déclaré : « Ce sont les
femmes qui étaient à la pointe du combat. »
Bon nombre des changements intervenus ont été profitables,
tant aux hommes qu’aux femmes. Force est de reconnaître que dans bon nombre de
pays, les femmes sont traitées injustement. Rien de plus normal que d’espérer
qu’elles ne soient plus victimes de discrimination dans le travail, ou dans
tout autre domaine ! Les femmes n’ont certainement pas moins d’aspirations que
les hommes ; elles ont tout autant qu’eux, besoin d’être reconnues et
appréciées.
L’INFLUENCE
DE LA PENSÉE
Un dicton indien déclare, « élever une fille, c’est
comme arroser le jardin du voisin ». D’aucuns diront qu’une telle pensée est
indigne d’un père. Pourtant nous devons admettre que notre éducation et notre
culture jouent un rôle prépondérant dans la façon dont nous résonnons, quel
qu’en soit le sujet. L’influence de la pensée, aussi archaïque soit-elle,
continue de traverser les âges.
Voici deux citations étonnantes : « C’est par la femme
qu’a commencé le péché, et c’est à cause d’elle que nous mourons tous. » Livre
de l’ecclésiastique, IIème siècle avant notre ère.
« Tu es la porte des démons, c’est toi qui as brisé le
sceau de l’arbre défendu ; toi qui as violé la première la loi divine ;
l’homme, cette auguste image de la divinité, tu l’as brisé d’un coup. »
Tertullien, de l’ornement des femmes, IIème siècle de notre ère.
Ces citations ne sont pas tirées de la Bible, mais d’écrits
religieux qui ont été utilisés durant des siècles pour justifier la
discrimination envers les femmes.
Aujourd’hui encore, dans certaines cultures, il n’est
pas rare qu’on excuse les mauvais traitements infligés aux femmes, à l’aide de
textes religieux.
Bien des sociologues reconnaissent que la femme doit jouer
un rôle subordonné et doit aider son mari. Une psychologue disait dans les
années 60 : « Je suis une femme, aussi je m’intéresse principalement aux hommes
d’autant plus que, par surcroît, je suis psychologue. L’association nationale
des directeurs d’entreprise m’a chargée d’effectuer des recherches sur les
différents facteurs psychologiques du comportement des hommes et des femmes.
L’association espérait que je trouverais des moyens pour réduire les tensions
qui se créent quand les hommes et les femmes travaillent ensemble. Mes
recherches ont fait ressortir ces deux vérités. 1. Toutes les femmes aiment
travailler sous l’autorité de quelqu’un, bref, elles aiment être commandées. 2.
La femme doit sentir qu’on a besoin d’elle. Ces vérités découlent du fait que, fondamentalement,
les femmes suivent leurs émotions alors que les hommes suivent leurs pensées.
La femme arrive souvent à égaler, voire à dépasser l’homme en intelligence,
mais elle est handicapée par le boulet de ses émotions. Les hommes ont un
esprit plus pratique ; ils jugent, ils organisent, ils dirigent. Il semble donc
que la subordination de la femme à l’homme soit conforme au plan de la nature,
n’en déplaise aux femmes qui s’y opposent désespérément. »
De nombreuses personnes trouveront ces propos hautement
inacceptables. Cependant, à bien y réfléchir, les choses sont-elles si
différentes aujourd’hui ? L’homme et la femme ont-ils trouvé un terrain
d’entente ? Où commence et où s’arrête le rôle de chacun ? Qui est en droit
d’en juger ?...
Lydia Fagette (conseillère de vie pour Esprit)