Nous vivons dans un monde où l’on est submergé par l’information, la connaissance. Plusieurs canaux et moteurs de recherche nous permettent de rester connectés, informés à intervalles réguliers sur divers sujets.
On lit plus que l’on ne l’imagine ! On lit tous les jours, les magazines, les journaux, les rapports, les documents professionnels sur papier comme sur l’écran de notre ordinateur, etc. Les professionnels ont parfois du mal à maintenir à jour leurs connaissances. La lecture rapide (ou lecture éclair) s’avère parfois nécessaire pour être plus efficace.
QU’EST-CE QUE LA LECTURE RAPIDE ?
Keith Rayner, célèbre psycholinguiste américain, a révélé après plusieurs études sur la question, que les gens normaux lisent en moyenne 200 à 400 mots par minute. Plusieurs études et techniques sur ce sujet ont aussi prouvé qu’il est possible de doubler, voire de tripler ce chiffre.
QU’EST-CE QU’UN LECTEUR OU UNE LECTRICE RAPIDE ?
Le lecteur
ou la lectrice rapide, c’est celui ou celle qui peut lire plus de 400 mots par
minute. La lecture éclair demande, avant tout, beaucoup de pratique. Car, à la
vérité, c’est la pratique qui fait toute la différence !
Très
souvent, quand on lit lentement, à notre vitesse habituelle, notre cerveau peut
s’ennuyer assez rapidement ; et l’on peut, sans le vouloir, se mettre à penser
à autre chose. Dans bien des cas, l’on est obligé de revenir en arrière pour se
replonger dans la narration. À l’inverse, le cerveau fonctionne si rapidement
que si l’on n’emploie pas une méthode de lecture rapide, l’on n’utilise pas
véritablement son potentiel.
La lecture
se pratique de façon séquentielle, c’est-à-dire mot après mot. Nos pensées dans
notre cerveau vont beaucoup plus vite. La vitesse avec laquelle on lit stimule
l’esprit et ne laisse pas le temps au cerveau de divaguer ou de s’ennuyer.
À ce stade
de notre analyse, il est essentiel d’identifier ce qui ralentit notre lecture.
DES OBSTACLES À LA LECTURE RAPIDE
Il y a, dans un premier temps, les retours en arrière. Une personne qui lit normalement fait 30% de retour en arrière. Ils peuvent être conscients ou inconscients.
L’on peut
décider de faire un retour en arrière parce que l’on n’était pas concentré.
Mais en réalité quand on lit, les yeux vont naturellement faire des bons en arrière
sans que l’on s’en rende compte. Ce qui ralentit invariablement la vitesse avec
laquelle on lit.
Il y a, en
outre, le nombre de fixations que l’on fait lorsqu’on lit. Car on lit en série
de mouvements saccadés. À la fin d’une saccade, on marque une micropause, c’est
un point de fixation. Plus on en fait, moins la lecture est rapide. Car on perd
beaucoup de temps.
Il y a,
enfin, la subvocalisation qui ralentit également notre vitesse de lecture. La
subvocalisation, c’est la voix que l’on entend quand on lit un texte. Certaines
personnes vont même jusqu’à remuer les lèvres, c’est de la pure vocalisation.
REMÉDIER AUX HANDICAPS À LA LECTURE RAPIDE
Il existe
plusieurs techniques pour freiner ces trois handicaps. Je vous en proposerai
ici une seule : prenez un crayon pour vous aider à lire et surtout évitez de
faire des retours en arrière. Lisez en fixant le haut des lettres et non le bas
des lettres ; allez-y de plus en plus rapidement. Il a été prouvé que l’on lit plus
rapidement ainsi. Au début, vous ne comprendrez pas grand-chose de vos
lectures, mais persévérez et surtout faites-le régulièrement. Tous les jours, donnez-vous
dix minutes de lecture rapide. Votre cerveau s’habituera très vite à votre
nouvelle vitesse.
Au fur et à
mesure que l’on accélère la lecture, on n’entend plus la voix qui lit avec
nous. Car, à la vérité, notre cerveau est capable de comprendre sans nécessairement
subvocaliser.
Une fois que
le cerveau est habitué à une certaine forme de vitesse, il y prend plaisir. Une
information que l’on absorbe rapidement sera mieux mémorisée qu’une information
absorbée lentement. On n’est pas toujours dans la fiction, où l’on est en quête
de la beauté d’un texte, où l’on prend plaisir à lire un livre, à le savourer,
etc.
Pour
paraphraser imre kertész, « la lecture est comme une drogue, qui confère un
agréable flou aux cruels contours de la vie ». C’est assurément vrai, mais il
s’avère que, parfois, on est en quête d’informations, ou d’apprentissage. L’on
a besoin de retenir l’essentiel, d’aller chercher l’information. Or, dans ce
cas précis, notre cerveau s’ennuie si l’on lui impose trop de lenteur. Les
bénéfices de la lecture rapide sont nombreux. Outre le fait de gagner du temps,
c’est aussi un moyen efficace pour développer sa concentration, sa mémoire, son
sens de l’analyse et également apprendre à penser plus vite.
À vos
marques, prêt(e), lisez !
Isabelle
Kassi Fofana (directrice générale Massaya Editions)