La question du Leadership n’est pas plus essentielle pour l’Afrique qu’elle ne l’est pour le monde entier, mais il y a des raisons bien spécifiques qui rendent ce sujet absolument critique pour notre continent.
En effet, en dépit des progrès indéniables que nous enregistrons tous les jours, dans les domaines de la science et de la technique, malgré les grandes avancées dont nous avons toutes les raisons d’être fiers, nous devons également reconnaître que plusieurs maux persistent ou même vont en s’aggravant sur notre continent.
Le progrès
profite essentiellement à un petit groupe de privilégiés et ses retombées n’ont
pas l’impact souhaité sur la vie de nos populations et des communautés auxquelles
nous appartenons.
Quand ces
avancées ont enrichi un petit nombre, elles ont dans le même temps appauvri la
vaste majorité. Pire, elles ont souvent créé les convoitises qui, elles, ont
favorisé les conflits armés avec leurs cortèges de catastrophes jamais
annoncées.
Il apparaît
ainsi clairement qu’il n’y a pas de corrélation entre croissance économique et
qualité de vie des populations.
Aucune des
solutions préconisées puis mises en place, quelquefois de manière très
coercitive pour garantir le développement, n’a apporté ni la paix, ni le
bonheur qui sont les attentes légitimes des populations. Parce que peut-être,
ce n’est pas ça non plus qui était prévu.
Je pense
très fermement que le bonheur sur notre planète et plus particulièrement sur
notre belle terre d’Afrique passe par l’émergence d’une masse critique de
personnes conscientes et influentes qui soient capables de mobiliser les
énergies pour les grandes causes, de créer l’engagement, de susciter le sens de
la responsabilité et d’inspirer l’envie de travailler mieux et surtout en
coopération.
Cette
condition est indispensable à la réussite de toute grande action ou toute
grande initiative qui puisse aider nos États et nos institutions dans les
domaines de l’Éducation, de la Santé, de la Sécurité alimentaire, de la
Sécurité des personnes et des biens, de l’Énergie et de l’Infrastructure, de
l’Égalité des genres et l’Égalité des chances pour tous, etc.
Mais tout
ceci doit d’abord germer dans les plus petites de nos cellules communautaires
que sont nos familles et nos lieux de travail.
Nous pouvons
continuer à nous préoccuper uniquement de nos intérêts égoïstes au détriment
des plus faibles et faire l’apologie de la raison du plus fort, ou bien nous
pouvons enfin choisir de faire certaines choses qui peuvent nous rendre tous
heureux et en plus, qui nous élèvent tous ensemble.
La solution
pour l’Afrique est dans la création d’une masse critique de Leaders.
Mais pour
que cela arrive, il faudrait que, consciemment, chaque homme, chaque femme
utilise sa sphère d’influence pour le bien des autres, même si la charité bien
ordonnée, commande de commencer par soi-même.
C’est en
cela que le leadership est critique, si on veut envisager sérieusement la
question du développement de l’Afrique.
Et voici les
3 conditions que je pense être absolument essentielles pour qu’arrive enfin,
une Afrique authentique, émancipée, compétitive et prospère.
1. Il nous
faut changer de manière radicalement positive, le regard que nous Africains,
nous portons sur nous-mêmes.
2. Il faut
que nous Africains, connaissions et apprécions à sa juste valeur, l’histoire
vraie et souvent inconnue de l’Afrique, car il n’y a que ce que nous
connaissons que nous pouvons aimer
3. Il faut
enfin que chacun de nous, s’engage à faire, chacun de sa place, son devoir et
sa part.
La question
du Leadership est critique pour notre continent et il appartient à chacun
d’entre nous, à tous les niveaux, de travailler consciemment à devenir un leader
de contribution.
Gilles
Atayi (directeur Associé de G&A Africa Consulting, fondateur de
l’initiative Afrique Consciente)