Jouir de son statut. Après avoir trimé. C’est le luxe que se paient des chefs d’entreprise en Afrique.
Il faut une bonne dose de génie et de persévérance pour arriver au sommet de l’échelle sociale. Que l’on soit dans le capital social ou non de l’entreprise, en être le manager donne des droits. Des envies. Des rêves aussi.
L’industrie
du luxe est en pleine expansion en Afrique. Chaque enseigne semble tirer son épingle
du jeu. Une stratégie payante si l’on s’en tient à la concurrence pour
conquérir plus de parts de marché. C’est à se poser la question : qui sont ces
riches ? L’opinion publique a vite jeté son regard sur les politiques. Ils ne
sont pas à exclure. À la réalité, qu’ils soient dans l’administration publique
ou privée, les grands patrons et les cadres du top management sont la
principale niche de ces marques.
Certes les
artistes et les sportifs sont les plus en vue, mais les jeunes cadres
supérieurs, technocrates ou polytechniciens, n’ont rien à leur envier. Ils roulent
carrosse, cigare à la main, champagne à la bouche, de janvier à décembre.
C’est le cas
pour cet avocat d’affaires et manager d’un Cabinet. Sa résidence, sortie de terre
à Abidjan avec une architecture singulière, meublée à l’oriental, se perd dans
le ciel ivoirien.
Idem pour ce
patron d’une société minière. Il fait partie des grands collectionneurs de
voitures de luxe. Son parking, au cœur de Bamako au Mali, donne un aperçu des «
bijoux mobiles » qu’il change en fonction de son feeling.
Certains ont
attendu longtemps avant d’adopter ce style de vie qui s’impose presqu’à tous.
Même les managers, considérés discrets ou modestes, n’échappent pas au
phénomène. S’ils ne sont pas directement concernés, leurs proches s’y adonnent
à satiété.
À ce propos,
Bill GATES répondait à un serveur : « Ma fille vous paye de forts pourboires
parce que son père est le plus riche du monde. Le mien ne l’était pas ». À
l’opposé, un milliardaire nigérian n’a pas hésité à sortir son épouse d’un
embouteillage de deux heures, à Lagos, avec son hélicoptère.
C’est
indispensable lorsque l’on est à un stade décisionnel. Réception de
partenaires, mission d’affaires à l’étranger. Ce que vous êtes doit pouvoir
apparaître, au premier regard.
Avant même
que vous n’ouvriez la bouche, personnalité et influence obligent. Sur la
question, justement, il y a deux écoles. La première, celle où l’on aperçoit le
patron jouir de ses dividendes. Le boss a une « vie de Lougah ». Si l’écart
avec les employés est bien grand, l’on ne peut s’en plaindre d’autant que le
traitement est équilibré et en phase avec les exigences salariales en vigueur.
Les primes et autres avantages sont perçus par l’équipe comme d’ordinaire jusqu’à
ce que quelques-uns se démarquent progressivement dans l’échelle sociale.
La seconde,
celle où le manager partage « équitablement » les revenus de l’entreprise avec
ses employés. Cela frôle la philanthropie. Cette approche apparaît comme une
exception dans le management des entreprises. Des chefs d’entreprises, cotées
en bourse, ont franchi le pas. Leur entreprise n’est pas forcément en meilleure
santé que les autres. Le facteur humain a juste plus de place chez ces nouveaux
« bons samaritains ».
Chaque chef
d’entreprise a son équation personnelle. Tant qu’elle est en phase avec les
règles sociales et les exigences professionnelles de base, il doit être à
mesure d’exprimer ses goûts. L’opinion publique admettra surtout, dans cette optique,
que cela participe à renforcer son image, et celle de son entreprise. C’est
l’Afrique qui gagne !