« Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas », dixit Victor Hugo. La lecture fait travailler la mémoire, améliore le raisonnement et stimule le processus cognitif. Un vrai sport cérébral !
La lecture est fortement recommandée pour les enfants, d’autant plus que le cerveau est en construction jusqu’à l’âge de 18 ans. Les chercheurs ont avancé que lire des livres améliore le vocabulaire, le raisonnement, la concentration et la pensée critique, et que la littérature stimule les processus cognitifs comme la perception sociale et l’intelligence émotionnelle qui peuvent contribuer à prolonger la vie.
Les aînés
qui s’adonnent régulièrement à la lecture de livres pour le plaisir vivent en moyenne
deux ans de plus que ceux qui ne lisent aucun livre, et ont 20 % moins de
risques de mourir sur une période de 12 ans, selon une étude de l’Université
Yale.
Détente et
diminution du stress sont, entre autres, les avantages de la lecture. Selon une
étude de l’Université du Sussex, elle réduit le niveau de stress de 68 % et
fonctionne encore mieux et plus rapidement que d’autres méthodes de relaxation
comme écouter de la musique, faire une promenade ou prendre une tasse de thé.
Il n’a fallu que six minutes de lecture aux participants pour ralentir leur rythme
cardiaque et soulager leurs tensions musculaires.
« Quand je
lis, j’oublie mes peines, mes soucis. C’est comme si la lecture me soigne », a
raconté Salif Traoré, enseignant au primaire. Selon lui, la lecture est
comparable à la musique ou à une promenade permettant de se détendre, d’évacuer
le trop plein de stress.
Amélioration
de l’empathie, de l’humeur, de la qualité de vie et des soins sont aussi ses bienfaits.
Lire apaise des douleurs chroniques. La lecture de nouvelles, de romans ou de
poèmes en petits groupes est une thérapie efficace pour aider les personnes ayant
des douleurs chroniques à apaiser leur souffrance émotionnelle, rapporte la
revue Medical Humanities de BMJ.
UN PRÉCIEUX LAISSÉ-POUR-COMPTE ?
Je ne
reprendrai pas la formule habituelle qui stipule que l’Africain n’aime pas
lire. La question qu’on doit se poser est celle-ci : qu’est-ce qu’on lui
propose à lire ? Le livre est un produit comme tout autre qu’on doit adapter à
la demande.
L’exemple de
la collection Adoras de NEI qui s’est très bien vendue en Côte d’Ivoire
l’illustre bien. Cela dit, je concède que le public de lecteurs est encore
faible », explique l’enseignant-chercheur en lettres modernes de l’université Félix
Houphouët-Boigny d’Abidjan, Marshall Kissy.
Redonner de
l’engouement. Inculquer la lecture dès le bas-âge. Pour le chercheur en lettres
modernes, il faut créer un plus grand public de lecteurs en commençant par les
plus jeunes.
« Les
parents doivent régulièrement offrir des livres à leurs enfants dès leur plus
jeune âge. Par ailleurs, les lycées et collèges doivent être dotés de
bibliothèques.
Parallèlement,
il faut des programmes de lecture pour tous les élèves. Enfin, il faut aller à
la rencontre des populations avec le livre », a-t-il recommandé.
Maurelle Kouakou