Deux morts. Deux villages traumatisés. Comment une affaire conjugale peut-elle se transformer en tragédie collective ? Ce fait divers est le symptôme d’un malaise social profond.
Dans de nombreuses communautés, les
populations prennent trop souvent des décisions sous l’emprise d’émotions comme
la colère. Quand une foule est en colère, plus personne ne pense aux
conséquences. La violence devient un langage, et la mort n’est pas loin.
C’est une erreur de croire que réagir
vite et avec colère est une preuve de courage. En réalité, c’est souvent un
aveu d’impuissance émotionnelle. Une autre erreur fréquente consiste à
confondre justice et vengeance. La justice cherche la vérité et protège la vie.
La vengeance, elle, détruit sans réparer.
Ce drame survenu dans la région de la
Mé met aussi en lumière un besoin fondamental : apprendre à gérer les conflits
dès leur naissance. Il faut éduquer les populations à l’écoute, à la médiation,
au respect de la vie humaine. Former des référents communautaires capables de
calmer, d’expliquer et de désamorcer avant qu’il ne soit trop tard.
Les compétences clés à développer
aujourd’hui ne sont pas matérielles, mais humaines. Il s'agit notamment de l'intelligence émotionnelle, du sens du dialogue et du courage de dire non à la violence collective.
Richard Konan