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Commencer la journée sur son téléphone : un mauvais réflexe ?

Pour beaucoup, le téléphone est la première chose que l’on touche le matin. Avant même de poser un pied au sol. Les yeux encore lourds, on fait défiler des messages, des notifications, des images. Ce geste est devenu si banal qu’on ne le questionne presque plus. Et pourtant, il influence bien plus le début de la journée qu’on ne l’imagine.

il y a 2 heures

La question n’est pas de savoir si c’est “mal” ou “bien”. Elle est plus simple, et plus honnête : est-ce que ce réflexe nous sert vraiment ?

Une journée qui commence déjà tournée vers l’extérieur

Dès les premières minutes, le téléphone nous projette hors de nous. Les messages des autres, les actualités, les réseaux, les urgences supposées. Avant même d’avoir identifié comment on se sent, on réagit à ce qui vient de l’extérieur.

Ce n’est pas anodin. Commencer la journée ainsi, c’est laisser le ton être donné par ce que l’on reçoit, plutôt que par ce que l’on choisit. L’esprit n’a pas encore émergé qu’il est déjà sollicité.

Le cerveau n’est pas prêt pour cette stimulation

Au réveil, le cerveau est encore dans une phase de transition. Il a besoin de lenteur, de silence relatif, de repères simples. Le flot d’informations, même léger, demande déjà des micro-décisions : répondre ou pas, lire ou ignorer, réagir ou laisser passer.

Cette stimulation précoce fatigue plus qu’on ne le croit. Elle crée une agitation de fond qui peut accompagner toute la matinée, parfois sans que l’on fasse le lien avec ce premier geste.


Un réflexe souvent lié à l’évitement

Si l’on est honnête, on ne prend pas toujours son téléphone par curiosité. Parfois, c’est pour éviter le vide. Le silence. Le moment flou entre le sommeil et la journée. Le téléphone rassure. Il remplit. Il occupe immédiatement l’attention.

Mais ce remplissage empêche aussi un autre contact : celui avec son propre état intérieur. Fatigue, appréhension, manque d’envie, calme… Tout cela passe au second plan.

Ce que ce réflexe change sur le reste de la journée

Commencer la journée sur son téléphone rend plus difficile le retour au calme et à la concentration. L’attention est déjà fragmentée. Le corps est réveillé, mais l’esprit est dispersé. On peut avoir l’impression d’être actif très tôt, alors qu’on est surtout réactif.

Cela n’empêche pas de travailler, ni d’avancer, mais cela rend souvent la journée plus tendue, plus bruyante intérieurement.


Il ne s’agit pas de supprimer, mais de choisir

La question n’est pas de bannir le téléphone du matin. Pour certains, il est nécessaire. Pour d’autres, il apporte même une forme de plaisir. Le vrai enjeu est ailleurs : est-ce un choix ou un automatisme ?

Repousser ce moment de quelques minutes, sans le remplacer par une autre obligation, change souvent la sensation du début de journée. Se lever, respirer, regarder par la fenêtre, sentir son corps se réveiller. Rien d’extraordinaire. Juste un espace.

Commencer la journée sur son téléphone n’est pas un drame. Mais c’est un signal. Celui de la place que l’on laisse à l’extérieur dès les premières minutes. Reprendre un peu de contrôle sur ce moment-là, même modestement, peut suffire à rendre la journée plus claire, plus habitée.

Parfois, bien commencer la journée ne demande pas d’ajouter quelque chose. Juste de retarder un réflexe.

La rédaction