« On trouve la trace miraculeuse de la vie même dans un déchet sans aucun intérêt de légume pourri au fond d’une poubelle, c’est quelque chose qui enveloppe fondamentalement les richesses de ce monde », Yoko Ogama, Le Musée du silence (2003).
Un bien garde toute sa valeur peu importe qu’il ait déjà servi, qu’il ait subi les éraflures du temps, cela tant qu’il demeure fonctionnel. Il nous suffit de lui donner une seconde vie. Un déchet en moins dans notre environnement.
Qui
n’aimerait pas se parer de belles choses, avoir une voiture neuve, une nouvelle
paire de chaussures, un séjour brillant de mille feux ? Sauf que, dans bien des
cas, nous avons les yeux bien plus gros que le ventre. L’envie ne rime pas toujours
avec les moyens. Et les objets d’occasion peuvent être tout aussi fonctionnels
que les neufs.
La crise
oblige, le marché de l’occasion est en pleine expansion, qu’il s’agisse
d’acheter des vêtements pour enfants, des jouets, des livres ou même une
voiture. Ce que l’on ne réalise pourtant pas, c’est qu’adopter le système D, et
opter pour des objets d’occasion communément appelés
« France au
revoir » sous nos tropiques, est tout « bénef » d’un point de vue écologique.
Bien
entendu, le facteur prix est un élément motivateur pour le consommateur moyen.
Mais, au-delà de l’aspect économique, ce mode de consommation participe à la
préservation de l’environnement. Pourquoi jeter aux ordures un bien qui peut
encore servir ? Acheter un bien d’occasion est certainement une sorte de
recyclage. D’un propriétaire à l’autre, le véhicule de seconde main ou
d’occasion est entretenu, sert pendant longtemps. Ce qui réduit
considérablement, à une échelle plus grande, la quantité de déchets à traiter.
LES OBJETS D’OCCASION, SOURCE DE RÉPIT POUR MÈRE NATURE
Imaginons un
instant que tout ce que nous consommons en termes de biens soit à usage unique.
La planète s’effondrerait certainement sous le poids de nos déchets. Faire dans
le neuf, c’est encourager, voire rendre indispensable, la « production ou l’extraction
de nouvelles matières premières », réduire davantage la surface de nos forêts
pour produire du bois qui servira à la fabrication de nouveaux meubles en bois,
cultiver intensivement du coton pour fabriquer des habits... C’est épuiser nos ressources
naturelles, appauvrir notre sol, sans parler des techniques d’exploitation de
plus en plus chimiques et toxiques pour la nature.
De façon à
être plus en harmonie avec certaines valeurs, l’idée est, avant tout achat, de
se poser la question de savoir : quel est l’intérêt d’acheter un objet neuf si
je peux l’avoir d’occasion, moins cher, sans pour autant faire l’impasse sur la
qualité ? Pourquoi ne pas faire des économies de pollution et de production de matières
premières ? Ce qui n’est peut-être pas perceptible en termes d’impact sur la
préservation de l’environnement à un niveau personnel, mais considérons qu’un
nombre conséquent de personnes s’interroge sur les questions écologiques avant chaque
achat.
OBJET D’OCCASION NE VEUT PAS DIRE DÉCHET
Les
avantages liés à l’achat des biens d’occasion sont clairement indiqués, que ce
soit sur le plan économique ou sur le plan environnemental. Cependant, objet
d’occasion ne veut pas dire accumulation de déchets. Redonner un nouvel usage
ou réutiliser des biens de seconde main est préférable dans la mesure d’une meilleure
gestion des ressources et de notre environnement.
Mais il faut
faire une nette différence entre objets d’occasion et déchets. Lorsque les pays
du Nord se détournent de certaines règles du marché pour exporter leurs déchets
en Afrique sous le prétexte d’objets de seconde main, cela est tout à fait
illégal et ne va pas dans le sens d’un impact positif sur l’écosystème.
Les pays du
Sud ou d’Afrique ne disposent pas des moyens techniques et infrastructures pour
le traitement des déchets.
Aussi
faut-il ne pas en rajouter aux volumes déjà importants de déchets sur le
continent en prétextant l’importation de marchandises de seconde main. Ces
derniers, en faisant le trajet de la mer, ne cherchent qu’à retrouver une seconde
vie, pas à en ôter.
La rédaction