Bâtir sur ce qui est commun est l’une des premières conditions pour vivre harmonieusement ensemble.

Cela demande, en amont, de pouvoir porter sur soi-même, un regard teinté d’un minimum d’humilité, afin de réaliser que tels que nous nous considérons, nous sommes « les autres » pour ceux-là mêmes que nous regardons comme étant « les autres ».

En fait, la qualité dans les rapports humains demande un peu de cette vertu qu’est l’humilité, mais qui est malheureusement, si mal distribuée parmi les hommes.

Néanmoins, si nous ne sommes pas capables, ensemble, de nous accepter comme étant différents, si nous ne pouvons pas célébrer nos diversités et faire de celles-ci l’occasion d’élargir le champ de nos opportunités, alors il nous reste à bâtir sur ce qui est nous est commun.

Ceci ne devrait pas être difficile dès que nous sommes capables de comprendre le profit que nous pouvons, tous ensemble, en tirer.

Il est vital, sans même devoir considérer ce qui nous différencie, de pouvoir d’abord célébrer ce que nous avons en commun. Il devient alors bien plus facile d’accepter, par la suite, que nous ne pouvons pas être entourés seulement de personnes qui pensent comme nous, qui disent et qui font exactement comme vous.

Les relations à l’intérieur d’un groupe de personnes, même quand elles ne sont que deux, est une combinaison de goûts, de prédispositions, d’expériences vécues, une complémentarité de capacités et de qualités mises ensemble pour la cause et le bien de la relation.

Dans une équipe, dans une communauté, dans quel que soit la taille de celle-ci, il est nécessaire qu’il y ait des individualités différentes, qui chacune amène leurs talents propres pour le succès de l’entreprise commune.

Nous aimons à penser qu’une équipe qui gagne est celle qui est composée seulement de fortes individualités, ayant chacune leur forte personnalité, chacune prompte à décider. Mais si dans l’équipe, tout le monde est autoritaire et occupé à marquer son territoire, qui dans l’équipe sera alors en charge des détails qui permettent d’affiner un projet, de l’exécuter et l’amener jusqu’à son terme ?

Nous aimons célébrer les qualités d’innovateur, des grandes individualités, mais dans une équipe où tout le monde serait créatif, ou voudrait être créatif, qui se chargerait de faire le travail nécessaire à la mise en œuvre qui va au-delà de juste générer des idées aussi révolutionnaires les unes que les autres ?

Une équipe ne peut être composée des mêmes caractères ayant les mêmes qualités.

Quand ils sont en charge de composer une équipe, les leaders efficaces ne recrutent pas ou ne cooptent pas les personnes qui sont leurs clones ou qui ont le même tempérament qu’eux.

Par contre, ils savent ce qu’ils doivent avoir en commun pour ensemble réussir. Et ce qu’ils doivent avoir en commun sont les valeurs, les mêmes aspirations, les mêmes rêves. Et c’est sur ce qu’ils ont en commun, qu’ils bâtissent leur fondation et le socle de leur destination commune.

Ce socle leur sert de repère et de base lorsqu’un malentendu survient.

C’est un talent, qui peut s’acquérir, que celui de composer à partir de personnalités en surface très différentes, une équipe ultra-performante. Le tout est de s’assurer que sur le socle de l’équipe, chacune des individualités sera en mesure de greffer sa contribution à la hauteur de son vrai potentiel.

Quand on est engagé dans une relation, la capacité à revenir à ce repère, la possibilité de se retrouver sur ce socle, est la garantie de la pérennité de la relation.

C’est pour cela qu’il est important d’établir clairement ce qu’est cette fondation.

Ainsi la combinaison des talents qui viennent s’y greffer permettra à la relation de prospérer, au projet d’être un succès et à l’entreprise de gagner encore et encore.

Et ce qui est vrai pour une entreprise privée, pour une coopérative agricole, pour une communauté religieuse, au sein d’une famille, pour un conseil municipal ou un conseil d’administration, l’est pour toute équipe qui veut diriger efficacement un pays.

Si nous passons notre énergie à comptabiliser nos différences, à les exacerber, alors nous perdons le meilleur de ce que nous pouvons nous apporter les uns les autres, au-dessus de nos contributions générales et communes.

Gardons pour essentiel ce qui est l’essentiel et profitons de ce qu’ensemble nous puissions faire bien mieux que chacun pourrait accomplir individuellement dans son coin.

Entende qui peut entendre.