[ESPRIT D’ENTREPRISE] – Une vision à 360°. Avec une façon originale de percevoir l’évent. Et ça marche. Les méthodes de Malick Soumahoro inspirent. Son parcours aussi. C’est un as du Marketing, branché et stylé, discret mais efficace. Dans son appartement chic, situé à Cocody Angré (Abidjan), le jeune manager biberonne ses concepts. Notre équipe y est… pour avoir des astuces.

PAR MOUSTAPHA MAÏGA

Quel est le type d’événement sur lequel vous travaillez ? 
Je bosse sur tout type d’événement. Des salons d’expositions, des séminaires. Des évents ludiques, à savoir les concerts. Tout ce qui peut être festif. Des activations de projets. Du marketing direct ou opérationnel. En résumé, nous avons notre petit mot à dire dans le monde de l’évent en Côte d’Ivoire.

Qu’est ce qui peut motiver un jeune, comme vous, à travailler dans un secteur, où il y a de vieux loups, et surtout que l’on sait aléatoire ?
C’est d’abord la volonté. Comme le dit l’adage : Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années. Et c’est un domaine qui demande beaucoup de concentrations. Il faut être aussi opiniâtre. Il ne faut pas se laisser distraire par le “qu’en dira-t-on ?”. Dans tous les domaines d’activités, il y a de l’adversité. Il ne faut pas se dire “Non, c’est trop difficile”. Surtout lorsque c’est votre rêve et que c’est quelque chose qui vous passionne. L’événement c’est l’un des pans de la communication qui me passionne. Et j’y vais à fond. Je pourrai y rencontrer des “dinosaures” comme des “peluches”, tout cela fait partie du système. Donc, il faut pouvoir se fondre à la masse et montrer de quoi l’on est capable.

Beaucoup d’acteurs interviennent dans l’événementiel en Côte d’Ivoire. En tant que personne ressource, quelle est votre perception de ce secteur d’activité ?
L’événementiel, c’est quelque chose de très important. Cela permet de rythmer la vie d’une communauté, puisque la vie sans événement devient monotone. Et de façon générale, on part au travail, on rentre (à la maison). Mais un anniversaire (par exemple), organisé par un tiers (un ami, un collègue…) permet de changer – un peu – d’air. Cela permet de se retrouver et de partager de bons moments, qui nous restent gravés dans la mémoire. Pour les professionnels d’un secteur d’activité, l’événementiel leur permet de se retrouver, d’échanger, d’avoir des opportunités d’affaires et de partager des expériences, à un moment donné. C’est le cas des Salons, des forums, des foires…. Si un professionnel s’assoit uniquement dans son bureau pour juste faire de la prospection, il n’a pas forcément idée de la potentialité du marché dans lequel il se trouve. L’événementiel le lui révèle, que ce soit ludique ou professionnel.

Vous avez à votre actif des événements à succès. Pouvez-vous nous partager les moments de stress (la pression), avant et pendant ceux-ci ?
C’est très stressant, l’événementiel. Donc il faut une bonne dose de maîtrise de soi et de gestion de stress. Comme on dit dans le milieu, “faire de l’événementiel, c’est prévoir”. Donc, pour en organiser un, quel qu’il soit, il d’abord prévoir. Le prévisionnel vous amène à dire qu’à tout moment les choses peuvent changer. Des imprévus peuvent vous emmener à rectifier les objectifs et les plans. Lorsque vous n’avez pas cela en tête, c’est que vous êtes mal parti.

Est-ce que vous avez des périodes spécifiques, dans l’année, pour organiser un événementiel ?
C’est vrai qu’il y a des moments favorables. Qui rentrent dans un calendrier de fêtes déjà établies comme la Saint Valentin, la Pâques, la Noel, la Saint Sylvestre… Il y a aussi des événements à caractère religieux. Toutefois, comme l’on peut convertir un événementiel, une date, en une activité commerciale ? Cela demande beaucoup de flaire. Parce qu’il ne faut pas se planter sur les estimations et la période. À tout moment donc, l’on peut faire un évent. Mais lorsqu’il sort d’un cadre festif, déjà établi, il faut avoir de bons arguments pour attirer la cible que l’on attend à ce rendez-vous spécial.

Est-ce que vous avez une date fétiche ?
Non. La date fétiche, c’est lorsqu’on s’assoie et qu’on réalise qu’au moment où on organise quelque chose, il n’y a pas d’autres événements semblables. Le prévisionnel nous permet donc de savoir ce qu’on a comme forces et faiblesses. Y a-t-il un (ou des) événement(s) similaire(s) au nôtre qui pourrai(en)t, peut-être, venir brouiller les pistes ou éparpiller la cible que l’on vise ? Y a-t-il un (ou des) événement(s) plus important(s) que le nôtre ? Parce qu’il y a des événements à caractère national, qui peuvent avoir une valeur plus importante et qui font que des personnes (la plupart) de notre cible peuvent migrer vers ceux-ci. Il y a tout ça qui entre en ligne de compte. Donc, en termes d’évent, il n’y a pas de date fétiche.

On  imagine que vous êtes au laboratoire en train de concocter un  autre évent. Est ce qu’il y a quelque chose à l’horizon ? Si oui, lequel ?
On prépare toujours quelque que chose quand on est dans ce secteur. Seulement, dans l’événementiel, il faut retenir que c’est une affaire d’opportunité à saisir.  Elle peut se présenter à tout moment. On peut aussi la prévoir. Généralement, nos projets, on en parle que lorsqu’ils sont finalisés. Parce que (très souvent aussi), il y a plusieurs personnes (ou structures) qui veulent organiser le même événement. Du coup, c’est une question de compétition. Celui qui l’emporte va révéler la date et le lieu où se tient l’événement ainsi que les conditions de participation.  Pour ce qui nous concerne, nous sommes au travail. Quand on aura bouclé les questions stratégiques, la révélation au public suivra tout naturellement.