La course vers la globalisation est irréfrénable, grâce aux nouvelles technologies de l’information. La digitalisation s’accroît de jour en jour, avec l’amélioration continue des prestations et services dans tous les secteurs d’activités en Afrique.

La conséquence directe pour les organisations est l’augmentation de la cible de marché. Les entreprises peuvent toucher plus de monde grâce au rapprochement planétaire.

Mais également plus d’acteurs entrent en jeu dans leur marché original. Les législateurs tentent désespérément de protéger les économies nationales, mais le développement, qui reste insistant par influence constante, finira par gagner le combat car « On n’arrête pas le Progrès ».

De ce fait, les entreprises africaines entrent en concurrence avec des organisations de pays développés et technologiquement bien plus matures.

Certains pays font la promotion des slogans du genre « consommons local » ; mais la faible qualité des biens et services proposés a vite raison du patriotisme du consommateur.

Deux leviers pourraient être la solution pour les entreprises africaines : 1- La Qualité 2- La Culture.

Il devient donc urgent que les prestations et services des organisations africaines soient d’excellente qualité pour concurrencer les produits venant d’ailleurs. Ceci n’étant possible que par la standardisation des processus de gestion au sein des organisations.

La maturité organisationnelle se définit suivant une Trilogie Homme – Processus – Outils. Il est très important pour une organisation d’avoir des hommes compétents capables de création et d’innovation. En plus du développement de leur leadership, il faut leur inculquer une mentalité d’excellence, une conscience professionnelle. Ne parle–t-on pas de « Mentalité de sous-développement » ? Une blague populaire énonce : Que si le Bon Dieu décidait un jour de porter tous les habitants de la Côte d’Ivoire et les déposait en Allemagne, et qu’il prenait tous les habitants de l’Allemagne pour les déposer en Côte d’Ivoire que se passerait-il en 10 ans ? Ceci démontre bien que le sous-développement n’est pas lié au climat, à la latitude et à la longitude, mais bien à la mentalité des Hommes.

Sur un autre plan, certains pays d’Afrique francophone émettent la vision de l’émergence de leur pays et, ainsi, se lancent dans de grands chantiers d’infrastructures. Ils construisent des ports, des aéroports des ponts, des infrastructures de transports. Mais la politique n’est pas suffisamment axée sur la construction des hommes émergents. La question qu’on pourrait se poser est la suivante : qui assurera la gestion de ces infrastructures modernes ?

En termes de processus, il faut bâtir pour les organisations africaines des Systèmes de fonctionnement écrits et répétables. D’où la notion de cartographie des processus qui documente clairement les modes opératoires de production des biens et services. Par ce biais, on arrête de faire confiance au génie des employés mais on investit sur l’efficacité des systèmes. Beaucoup d’organisations investissent dans la rédaction des procédures, mais ne s’assurent pas assez de l’intégration de ces modes opératoires dans leurs activités. C’est bien d’avoir des manuels de procédures. Encore faut-il s’assurer de la bonne intégration de ces dernières par la mise en œuvre d’une Gouvernance Appropriée.

En matière d’outils, les entreprises africaines se dotent de technologies de pointe. L’Afrique se digitalise. Quelques chiffres pour étayer cela : – 90% des téléphones en Afrique sont des Mobiles1 – A l’horizon 2025, l’Afrique comptera plus de 600 millions d’internautes1 – Le marché du e-learning en Afrique représente plus de 600 millions de dollars américains1.

Intégration – Uniformité – Consolidation sont des valeurs à garder permanemment lors de l’élaboration d’infrastructures de système d’information cohérent. La Trilogie de la Maturité ainsi expliquée, n’est possible que par la mise sur pied d’une gouvernance rigoureuse guidée par l’excellence opérationnelle. Une seconde voie pour répondre efficacement à cette volée de concurrence qui s’impose de façon inexorable est de surfer avec l’identité culturelle des différents pays.

Ainsi, pour des secteurs tels que la mode, l’alimentation, l’art, l’audiovisuel …, mettre l’accent sur l’identité culturelle, peut protéger les entreprises contre une concurrence farouche.

Grâce à la mondialisation, le marché devient international ainsi que de nouveaux acteurs économiques entrent en jeu, au sein des économies nationales, avec une meilleure qualité de biens et services. Les organisations africaines doivent se mettre à niveau dans la qualité de leurs produits et services. Ceci est possible grâce à la standardisation des processus métiers, et surtout l’émergence des Hommes. Et pour certains secteurs, cela implique de miser sur les différences culturelles.

Nous retiendrons que l’Homme est au centre du développement, d’où la nécessité des organisations africaines de promouvoir la création des Hommes compétents dotés d’une culture d’excellence professionnelle.

Paul Kamgang