Sérieuse. Surtout, professionnelle et expérimentée. La structure financière Sirius Capital, par la voix de son jeune Directeur Général Ismaël Cissé, apporte des éclaircissements sur le secteur boursier. Mais également, des raisons de choix de cette entreprise, spécialisée dans l’intermédiation. Interview. 

Qu’est-ce que Sirius capital ?

Sirius Capital est une banque d’affaires régionale basée en Côte d’Ivoire. Nous avons des partenaires dans plusieurs pays, permettant de servir une clientèle variée. Les activités de Sirius Capital sont organisées autour de deux principaux départements.
Le département de l’ingénierie financière, à travers lequel nous accompagnons les acteurs dans leurs besoins de financement et le conseil financier dans leurs projets stratégiques. Nous les aidons à concevoir et mettre en œuvre les structurations financières optimales de l’optique de maximiser la rentabilité de leurs investissements stratégiques et mobiliser des capitaux aux meilleures conditions du marché.

Le deuxième département est celui du marché des capitaux. En tant que membres de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, nous accompagnons les acteurs privés et publiques, qui veulent tirer profit de la bourse pour réaliser des investissements rentables ou en tant qu’outil de mobilisation de ressources.

Qu’est-ce qui a motivé sa création et quels sont vos différents axes de développements ?

L’idée de Sirius Capital est née de la vision de permettre à l’Afrique de profiter de la manne importante de capitaux internationaux pour financer son développement et bâtir un tissu économique solide. Après plus de 15 années de carrière internationale dans le domaine de la finance, force est de constater que l’attrait des investisseurs pour l’Afrique et son énorme potentiel de croissance est indéniable, paradoxalement, les besoins de capitaux et le déficit de financement sont énormes sur le continent. Sirius Capital est née il y a cinq ans de l’ambition d’être un acteur à même de jouer le rôle de courroie de transmission entre les projets à fort potentiel social et économique d’Afrique subsaharienne et les pourvoyeurs de capitaux, les financiers. Nous allions notre profonde compréhension des réalités locales à une expertise à même de répondre aux attentes des investisseurs les plus exigeants.


Quels sont les critères pour se faire accompagner par Sirius Capital ?

Notre département d’ingénierie financière et de conseil financier cible les acteurs sérieux, tant du secteur privé que du secteur public, porteurs d’une vision précise et ambitieuse de croissance et de développement. Nous avons fait le choix d’être très sélectifs, en raison de notre investissement et notre implication sans réserve auprès de notre clientèle à laquelle nous fournissons un service personnalisé d’une qualité digne des meilleures firmes de conseil à l’international.

Au niveau des investissements en bourse, nous accompagnons une catégorie variée d’acteurs, tant localement qu’à l’international, notamment les personnes morales, physiques, les banques, les institutions et les particuliers. Nous avons toutefois plusieurs niveaux d’accompagnement qui s’étendent de la gestion libre de leur portefeuille d’investissements par la clientèle sur la base des conseils avisés de nos équipes d’analystes à la gestion complète sous mandat par notre département de gestion de portefeuille.

 

Comment réagissent les marchés financiers vis-à-vis de vos activités, notamment dans un contexte politique souvent dit risqué, que ce soit à tort ou à raison ?

Il va sans dire que la psychologie et la perception des investisseurs a un impact indéniable sur les investissements tant par les acteurs locaux qu’internationaux. Cette dynamique influence donc logiquement la disponibilité de ressources et les conditions d’accès à ces ressources.

Même si nous anticipons un léger ralentissement en Afrique de l’ouest en lien avec le contexte socio-politique, l’Afrique subsaharienne continue à séduire les investisseurs internationaux à titre de destination pour les investissements. Les avancées en termes de transparence et de gouvernance réduisent la perception de risque et attirent un nombre grandissant d’investisseurs, nous pouvons citer à titre d’exemple la recrudescence de fonds d’investissements. Plusieurs avancées telles que la notation financière facilitent la mobilisation de financement par le secteur privé.

En ce qui concerne la bourse, nous avons certes noté une baisse générale des cours des titres cotés en général, toutefois, ces prix peu élevés relativement à la bonne performance et aux excellentes perspectives de certaines compagnies cotées recèlent un potentiel de réalisation de rendements importants pour les investisseurs avertis. Raison pour laquelle nous recommandons fortement d’investir en bourse mais aussi et surtout de se faire accompagner par des experts à même de structurer une stratégie d’investissement visant à faciliter l’atteinte des objectifs de rendement tout en minimisant les risques. Un autre facteur qu’il est important de noter est que nous avons une bourse régionale qui couvre 8 pays de la région et qui permet aux investisseurs de diversifier leur risque en prenant des participations dans des entreprises dans d’autres pays de la région.

Quelle est votre stratégie vis-à-vis des PME qui peinent pour l’accès aux crédits ?

Nous nous sommes donnés pour mission d’accompagner des PME à fort potentiel, et de leur permettre de devenir les champions régionaux de demain. L’enjeu de l’accès au financement est certes un des principaux enjeux auxquels font face les PMEs de la région, mais nous avons la conviction que l’assistance technique est un problème tout aussi important. Les entreprises cherchant à financer leur croissance, doivent être structurées, notamment en termes de gouvernance de manière à rassurer les partenaires et investisseurs potentiels et par conséquent faciliter les levées de fonds.

Notre première stratégie réside donc tout d’abord dans un accompagnement personnalisé de notre clientèle et la fourniture de conseils stratégiques visant à faciliter l’atteinte des objectifs stratégiques.

Ensuite, les banques et les institutions financières classiques ont certes leur rôle à jouer dans le cycle de financement des entreprises et notre réseau financier international nous permet d’obtenir des conditions de financement favorables. Néanmoins, le plus gros enjeu réside souvent dans la mobilisation de ressources durables telles que les prises de participation notamment à travers la bourse. Nous misons sur la fourniture de capitaux de sources variées, et mettons un accent particulier sur la mobilisation de ressources locales en appui au financement de nos entreprises. Il faut que notre épargne et les capitaux de nos fonds de pensions jouent encore plus leur rôle de financement de nos économies.

L’Afrique subsaharienne incontournable dans les investissements, une destination privilégiée, quelle est votre politique pour capter une bonne part du marché, mais également, faire face à la concurrence d’entreprises d’investissements plus connues et solidement implantées ?

Il peut effectivement exister une certaine concurrence locale, mais au vu de l’ampleur du besoin et du déficit en financement, nous avons plus intérêt à adopter une approche basée sur la collaboration et la complémentarité des compétences et des réseaux respectifs.

Ainsi nous sommes souvent en partenariat avec certains de nos devanciers de renom avec lesquels nous travaillons en pleine synergie.

Le facteur différenciant dans l’approche de Sirius Capital réside avant tout dans notre expertise en structuration financière qui nous permet de trouver des solutions innovantes et efficaces lorsque les structurations traditionnelles montrent leurs limites. Notre force réside aussi dans notre professionnalisme et notre implication auprès de nos clients pour leur offrir des services sur mesure.

L’Afrique n’est pas toujours bien perçue de l’extérieur. Guerres, crises, … qu’est-ce qui vous rend confiant vis-à-vis du continent pour vous impliquer dans l’investissement ?

L’Afrique est un continent incontournable sur le plan des investissements. C’est l’un des seuls continents, où la croissance est encore possible tout comme l’Asie. Tous les fondamentaux sont présents pour avoir une croissance solide, démographie, ressources durables …. Tous les experts sont unanimes sur le potentiel de l’Afrique en tant que destination pour les investissements. Il faut toutefois poursuivre les efforts en vue d’améliorer le climat des affaires afin de maintenir la tendance. Pour relever ce défi, l’Afrique a besoin de professionnalisme et d’acteurs sérieux capables de faire le lien entre les pourvoyeurs de capitaux et les projets à fort impact économique et social.

A ce jour, à combien se chiffrent les financements mobilisés par Sirius Capital et quels sont les domaines sur lesquels ils ont été les plus portés ?

En cinq années d’existence, les investissements que nous avons mobilisés dans la région au profit des acteurs publics et privés se chiffrent à plusieurs centaines de milliards de FCFA et ce, dans des domaines variés notamment l’industrie, l’agroalimentaire, l’immobilier, les services publics et les infrastructures.

Vous faites principalement de l’intermédiation, dites-nous pourquoi le choix de cette activité ?


L’intermédiation est un secteur d’activité qui est en plein essor. C’est un domaine très réglementé, qui est soumis à l’obtention d’agréments émis par les organes de régulation. Nous avons tout d’abord l’agrément du Conseil Régional de l’Epargne Publique des Marchés Financiers (CREPMF) qui s’assure de protéger les intérêts du grand public et des investisseurs. Nous avons aussi un agrément d’intermédiaire en banque, octroyé par la BCEAO.  Le défi réside toutefois dans l’implantation d’une culture qui encouragera les acteurs à faire accompagner pour avoir le maximum de chance d’atteindre ses objectifs.

Quelles sont les perspectives de Sirius Capital ?

Nous mettons l’accent sur deux gros pôles de croissance.

D’abord, en ce qui touche à la bourse, nous entendons à travers la promotion de la culture boursière, faire entrer la bourse dans les réflexes d’investissement du grand nombre. Pour se faire, nous utilisons la technologie comme levier pour améliorer l’expérience client et faciliter l’accès à la bourse. Nous avons plusieurs projets innovants que nous allons déployer de façon imminente.

Ensuite au niveau du financement, nous concluons des accords avec des investisseurs variés et nous entendons renforcer nos liens avec eux en vue de bonifier notre offre de financement.

Quels sont les enjeux auxquels fait face la bourse ?

La bourse aujourd’hui, n’est pas dans les habitudes d’investissement des acteurs régionaux. C’est un outil qui offre d’énormes potentialités, qui, lorsque l’on est bien accompagné, donne un rendement inégalable. La bourse mérite sa place de véhicule d’investissement au même titre que l’immobilier, qui représente un refuge pour la majorité des acteurs. Il faut à cet effet, une politique d’investissement équilibrée, qui fait appel aussi bien à l’immobilier qu’à la bourse. Investir dans ce domaine, c’est non seulement contribuer à la croissance de son pays, de sa région mais aussi, de rentabiliser son épargne. Avec un bon accompagnement, les risques liés aux investissements boursiers sont minimisés.

Votre valeur ajoutée ?

La valeur ajoutée de Sirius Capital se situe tout d’abord, dans l’excellence du service. Cela signifie que nous nous impliquons avec le client, nous devenons un membre de son équipe, nous nous approprions donc ses objectifs. Nous nous appuyons sur notre expertise technique car, nous avons une équipe de professionnels, qui ont fait leurs classes auprès des meilleurs de l’industrie et qui sont capables de leur donner des options innovantes, surtout des solutions réalistes et réalisables, qui leur permettrons d’atteindre leurs objectifs.

Je lance un appel aux acteurs du secteur publics et privés, de se faire accompagner et de faire appel à des professionnels, expérimentés dans leur stratégie pour mobiliser des ressources financières et investir, en tenant compte de la bourse qui offre du potentiel en termes de véhicule d’investissement, mais aussi en termes d’outil pour mobiliser les capitaux et les ressources durables pour les entreprises.

Maurelle Kouakou