« La RSE est un levier de croissance »

La 4ème édition de l’African Business & Social Responsibility Forum portant sur le thème : Agriculture, Entrepreneuriat et Changement Climatique, s’est tenue du 26 au 27  février 2020, à Marrakech au Maroc, en présence de l’ex-présidente de l’Ile Maurice et scientifique de renommée mondiale, Ameenah Gurib-Fakim. Une occasion pour Stéphane Moudouté-Bell, promoteur de cet évènement et Directeur du Cabinet Latitude Monde, de souligner l’importance  de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), « un levier pour la croissance économique », selon lui.

Des personnalités de marque, des thèmes pointus et des panels de haut niveau. Ce sont ici les différents éléments qui ont émaillé la 4ème édition de l’African Business & Social Responsibility Forum (ABSRF), une plateforme panafricaine réunissant des Grandes Entreprises, des Petites et Moyennes Entreprises (PME), des Startups, des organisations nationales et multinationales. Objectif : partager  entre elles, leurs expériences en matière de développement durable afin d’affiner leurs stratégies de responsabilité sociale.  «  Le but de ce forum est également d’amener les entreprises à ne pas résumer la RSE uniquement aux actions sociétales. Elle englobe d’autres points centraux tels que la Gouvernance, les Relations et Conditions de travail, l’Environnement, la Loyauté des pratiques, les Droits de l’Homme, les Questions relatives aux Consommateurs, a expliqué Stéphane Moudouté-Bell, après avoir invité plus tôt, les participants à sortir de l’industrie du verbe pour passer à celle de l’action.

Jour 1, premier panel sur le thème : « Le secteur privé face aux changements climatiques ». Conférenciers : Ameenah Gurib-Fakim, ex-présidente de l’Ile Maurice, Salaheddine Mezouar, président de la COP 22, ancien ministre des affaires étrangères du Maroc, Leila Mokaddem, représentante de la Banque Africaine de Développement au Maroc, Rajae Aghzadi, cancérologue, Eugene N’Diaye, Directeur général de la SODECA.

Presqu’à l’unanimité, les panélistes ont pointé du doigt, les effets du changement climatique liés aux activités des grandes industries.  « Plus de 50% de la population mondiale sera stérile d’ici 2050, si rien est fait. La fonte des glaciers fera émerger des bactéries qui causeront des maladies insoupçonnables au point où les systèmes sanitaires devront s’adapter pour y faire face », a prévenu la Rajae Aghzadi. « Nous devons nous sentir responsables car toutes les entreprises polluent. Il faut revoir les critères de développement et de richesse », a réagi le directeur général de la SODECA. «  La BAD apporte son appui financier aux projets portant sur des énergies renouvelables », a cité en exemple d’action, la représentante de la BAD, mais pour Ameenah Gurib-Fakim, une solidarité africaine globale s’impose pour endiguer le réchauffement climatique ainsi que la sensibilisation des populations africaines sur ce sujet. À ces échanges, se sont succédés d’autres panels, notamment, « Comment libérer le potentiel des énergies renouvelables en Afrique ? » ou encore, « Transformation de l’agriculture africaine : un impératif  pour assurer la sécurité alimentaire du continent ».

Cette première journée s’est achevée par les AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM AWARDS qui ont pour vocation de récompenser, chaque année, les entreprises menant des projets exemplaires et innovants en matière de RSE. L’entreprise marocaine MANAGEM a remporté le « CORPORATE AWARD OF INNOVATIVE SOCIETAL ACTION » ; SODECA, du Sénégal, le « SME AWARD OF INNOVATIVE SOCIETAL ACTION » ; la start-up marocaine CUIMER, le « START-UP AWARD OF INNOVATIVE SOCIETAL ACTION ». Le Docteur Sidi Ould TAH, Directeur Général de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), a reçu le Prix «AMBASSADOR 2020 ».

La seconde session du forum s’est ouverte sur une communication du PDG du Groupe Afrique Challenge et CEO de Hub Afrique, Alioune Gueye portant sur le thème : la force des écosystèmes : d’une logique de compétition à une logique de « coopétition ». Un néologisme invitant les entreprises africaines à coopérer entre elles. Il à cet effet rappelé une composante importante en Afrique. Pour lui, les Africains ont une  prédisposition à valoriser la communauté en lieu et place des valeurs individuelles. Les entreprises du continent devraient selon lui s’appuyer sur cette valeur pour structurer leurs politiques RSE. À sa suite, se sont tenus deux autres panels : « Quels nouveaux modèles de partenariats public-privé pour un développement durable et inclusif ? » et « Femmes et développement durable.

L’édition de Marrakech a vu le lancement de l’Initiative « Les Entreprises Africaines s’engagent pour un Avenir Durable » dont l’objectif est d’encourager les entreprises et organisations à intégrer la Responsabilité Sociale de l’Entreprise dans leur Gouvernance.

L’African Business & Social Responsibility Forum (ABSRF), est la première plateforme de RSE en Afrique. Ce rendez-vous de Marrakech intervient après les éditions de 2017 et 2018 organisées à Maurice et celle de Kigali en 2019, au Rwanda. Le rendez-vous est pris pour la 5ème édition en 2021.

 

Bamba Souleymane

Envoyé Spécial à Marrakech