Les rapports entre musulmans et adeptes des religions monothéistes

Les savants et historiens musulmans ont tous attesté de la véracité de ces dires du Messager d’ALLAH saw: « Celui qui fait du mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi son adversaire au Jour du Jugement».

Lorsque pour la première fois, il recevait l’Ange Gabriel, pétrifié par sa Grandeur, il avait fui la grotte de la montagne de Hira où il était en retraite spirituelle pour retrouver son épouse Kadidja (que ALLAH l’agrée). C’est auprès de l’oncle de cette dernière, dénommé Waraqa, qui était un érudit chrétien, qu’il prit conseil, et qui l’informa sur le fait que ce signe ne pouvait que témoigner de son choix en tant que dernier Messager venu clore le cycle prophétique.

Jamais dans ses rapports avec les chrétiens et les juifs, il n’a trahi son serment, ses engagements et tous les traités de paix et de coopération.

C’est sur la base de cette franche communion que dès les premières heures de persécution des musulmans, il leur demanda de se réfugier en Abyssinie où régnait « un roi chrétien juste » avait-il soutenu. Et quand plus tard, une délégation de Chrétiens d’Abyssinie vint à Médine, c’est dans la Mosquée, le lieu de culte des musulmans qu’il leur accorda accueil, gite et nourriture. C’est ainsi qu’il accorda une partie de l’intérieur de sa Mosquée à une délégation de Chrétiens venus de Najran, une ville du sud-ouest d’Arabie pour l’exécution de leurs prières.

Ces compagnons immédiats ont dès lors pratiqué ces mêmes valeurs d’ouverture. Et c’est pour cela que l’un de ses successeurs, le Khalife OUMAR (raa) refusa de prier à l’intérieur de la principale Eglise de Jérusalem à la demande de ses dignitaires, lorsqu’il libéra cette contrée de l’occupation byzantine, alors qu’il était l’heure de la prière musulmane. Il avait dit craindre que par ce geste, les générations futures ne viennent transformer ce lieu en Mosquée, par devoir de mémoire de l’histoire.

Pour l’Islam, toutes les religions monothéistes sont tirées de la même substantifique moelle et exigent le même regard et égard. Les ajouts et les incompréhensions ne viennent que des hommes imparfaits et non des révélations complètes et parfaites:

«Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus: «Etablissez la religion; et n’en faites pas un sujet de divisions…»  S 42 V 13 «…Nous n’établissons pas de distinction (disent-ils) entre l’un ou l’autre de ses Messagers…Nous écoutons et nous obéissons…» S 2 V 285.

Qu’aujourd’hui, dans certains pays dits musulmans, des minorités juives ou chrétiennes soient marginalisées et que leurs droits soient bafoués et piétinés, cela ne résulte que de pratiques elles-mêmes marginales qui n’ont aucune source légitime, suivant l’exemplarité comportementale du Prophète Muhammad (saw) dans le traitement accordé aux minorités pendant son apostolat. Tout acte injuste ou terroriste à l’endroit des adeptes de toute autre religion ne relève que du fanatisme qui n’a sa source que dans l’ignorance, la cupidité et l’instrumentalisation politique.

Dire tuer au nom d’ALLAH, est l’un des crimes les plus odieux que ALLAH Lui-même s’est porté Garant de punir le jour de la résurrection :

«…Quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes… » S 5 V 32 « Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l’Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l’a frappé de Sa colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment. » S 4 V 93.

Certains actes fanatiques sont aussi visibles à l’intérieur de la communauté musulmane.

 Les rapports entre musulmans et musulmans 

Au nom de l’ignorance et du fanatisme, la femme a été réduite au rang de sous-hommes dans certaines contrées où l’Islam est la religion dominante. Par le truchement des clichés culturels, la femme est reléguée en arrière plan, alors que l’Islam a proclamé sa dignité en tant qu’être à part entière et non entièrement à part, jouissant de tous les droits possibles qui restituent toute la plénitude de son humanité et de sa dignité.

On le voit, elle est dépossédée de ses biens, privée d’héritage, parfois forcée au mariage, des attitudes exactement aux antipodes des recommandations islamiques et de la pratique du Prophète Mouhammad (saw). Ce même fanatisme qui fait que certains musulmans s’entretuent au nom de leur divergence idéologique, comme on le voit sous d’autres cieux, dans la guerre entre sunnites et chiites, deux courants doctrinaux qui revendiquent tous à la base, la croyance en UN SEUL DIEU.

Ce fanatisme est visible à l’intérieur d’un même courant doctrinal où certains se diront plus musulmans que d’autres, jugeant, condamnant, comme les détenteurs des clés du paradis et de l’enfer. Et pourtant, tout ceci est formellement proscrit par l’Islam :

«  Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères et craignez ALLAH, afin qu’on vous fasse miséricorde… » «Ô vous qui avez cru! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe: ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux…» S 49 V 10-11

Dans le fond, le fanatisme n’est d’aucune religion. Il n’a de religion que l’ignorance aveugle, la manipulation servile à des desseins politiciens ou inavoués. L’une des premières constitutions les plus modernes de l’humanité à mettre en place les fondations d’une nation unique, où la diversité faisait la richesse et où les musulmans, les juifs, les chrétiens et les  idolâtres jouissaient de la même protection et de la même sécurité, a été celle de Médine.

L’Islam n’a jamais été une religion à géométrie variable, soufflant entre le chaud et le froid. Et le Coran nous ramène sans cesse à l’essentiel des valeurs qui fédèrent toutes les croyances et les convictions dans le même moule :

« Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux…» S 49 V 13

Le fanatisme restera toujours étranger aux savoureux enseignements de cette religion, et son éradication reste d’ailleurs tributaire de certains préalables, tels l’éducation, la formation, la justice, la prise de conscience individuelle, la sensibilisation, la bonne connaissance et pratique de la Religion. Et le Messager d’ALLAH (saw) avait raison de le dire : « L’ignorance est un péché ».

Fousseni Diabaté