Songon, sous-préfecture d’Abidjan, est un ensemble de plusieurs villages Ébrié situés à l’ouest de la commune de Yopougon. Pourtant, au milieu des terres de « Songonté » se cache une communauté béninoise venue des abords de « Grand popo » (Porto-Novo), avec pour seule motivation la passion de la pêche. Le cachet de cette petite bourgade tient en son caractère rustique et idyllique, et surtout en la générosité du peuple hôte.

Une petite étale de bric-à-brac à l’entrée du campement. Le sourire de la « mémé » vous invite en territoire ami. À sa façon, chaque habitant vous rend le sourire. Les enfants, presque en liesse, forment une haie d’honneur à votre arrivée. Vous êtes royalement invité(e) à découvrir ce bout du Dahomey en plein territoire Ébrié. Au cœur de cette nature vierge, les scènes de vie sont empreintes de générosité. Tout y est naturel. Des grandes cabanes en bambou qui servent de demeures aux petites clôtures en « bambou de Chine ».

L’ambiance est des plus spontanées. Les ruelles animées par les débandades du petit troupeau de chèvres. Les enfants, pieds nus, qui courent dans tous les sens. L’odeur des crustacés fumés au feu de bois mêlée à la fraîcheur de l’air vous titille les papilles. De quoi raviver en vous des souvenirs d’enfance.

Le coucher du soleil se reflète sur le « vacillement » de la lagune. Les hommes partent en eau profonde. Les enfants pataugent dans l’eau. Des éclats d’eau arrosent la baie ornée, en partie, de verdure. La découverte dans ce bout de paradis est autant touristique qu’humaine. Loin des tableaux feutrés des réceptifs hôteliers, c’est une vraie immersion dans la nature, le folklore et l’histoire d’une communauté qui confère au campement Moïse le charme de nos contrées lointaines.

Situé à quelques mètres de Jacqueville, le campement « Moïse », du nom de son fondateur N’Gossa Moïse, nous plonge dans une ambiance authentique, exotique et atypique. Ce village « original », dont la création remonte à 1962, séduit par la générosité de ses habitants. La simplicité dans leurs gestes. La passion de leur métier : la pêche. Bordée par la lagune, la calanque est parée de filets exposés çà et là. De grandes pirogues prêtes à « fendre » les eaux sont gracieusement « amarrées » le long du bord. Il y a quelque chose de spirituel dans ce spectacle.

Charlène DANON