Dimanche 24 septembre 2017. Fin de matinée. Bruno Nabagné Koné nous accueille volontiers dans sa demeure de la Riviera Beverly Hills comme promis quelques jours plutôt lors de l’entrevue de briefing à son bureau du 23e étage du Postel 2001. BNK se laisse aller aux scénarii du shooting et nous offre d’en savoir plus sur l’autre versant de sa vie – délibérément – cachée. On y découvre, professionnellement, un homme qui a admirablement réussi la conversion du privé au public. Et socialement, un homme qui – contrairement aux apparences – a connu la rudesse de la nécessité avant d’éclore et s’affirmer. Rencontre avec un esprit responsable. Interview

Par Cheick Yvhane

Vous cumulez deux portefeuilles auxquels s’ajoute le porte-parolat du gouvernement. N’est-ce pas trop demander à une seule personne ?

Non. Je pense que ceux qui ont pris cette décision, c’est-à-dire, le président de la République et le Premier ministre, mesurent mieux que moi l’intérêt qu’il y a à  rassembler ces deux portefeuilles. Et depuis cette décision, sachant que je suis attendu, je m’efforce d’accomplir le mieux que je peux mes missions dans ce vaste ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste. Cela dit, ce n’est pas une situation nouvelle pour moi. Dans ma vie, j’ai souvent eu à gérer plusieurs responsabilités.

Enfin, il faut rappeler que le secteur de la communication fait désormais partie intégrante de celui de l’économie numérique et que le rapprochement fait depuis quelques mois est parfaitement en phase avec l’évolution du monde.

Concrètement, comment opérez-vous votre planning de travail ?

Le planning s’organise principalement en fonction des priorités, qui peuvent, par moments, être très variables. Pour faire simple, nous avons au niveau du gouvernement un programme de travail décliné annuellement en fonction d’axes prioritaires fixés par le président de la République et le Premier ministre. Ce programme est traduit en plans semestriel, trimestriel, et mensuel ; et pour sa mise en œuvre, je travaille avec des collaborateurs dont les responsabilités sont clairement précisées.

En raison de la taille du ministère et du grand nombre de structures sous tutelle (une quinzaine), nous avons constitué quatre pôles : communication, infrastructures, régulation et commercial. Cela permet une gestion plus rapprochée, notamment d’avoir chaque semaine, en plus des réunions régulières de cabinet, une réunion avec les directeurs concernés.

Nos agendas sont également très contraints par le grand nombre d’événements nationaux et internationaux auxquels nous sommes tenus de participer, aussi bien au niveau de l’économie numérique qu’à celui de la communication.

À cela, il faut ajouter les audiences, la gestion du courrier, les mails, etc. Ce n’est pas simple en effet, mais c’est d’abord une question d’organisation, d’engagement, de motivation. Pour le moment, je pense être suffisamment motivé pour trouver le temps et l’énergie pour faire tout cela

Le porte-parolat, du fait de sa nature transversale, vous incline à une très bonne connaissance de tous les dossiers. Comment vous y prenez-vous ?

Oui. Vous avez raison. Le porte-parole doit s’obliger à en savoir un peu sur tous les sujets sur lesquels il communique. En ce qui me concerne, c’est d’abord accorder plus d’attention à tout ce qui se fait ou se dit en Conseil de gouvernement ou de ministres. Il m’arrive de m’informer ou de m’instruire auprès de mes collègues du gouvernement sur des sujets précis évoqués en Conseil.

J’aime bien comprendre le monde et sa marche, j’accorde aussi une grande attention à ce qui se fait ailleurs, dans notre monde devenu globalisé. […] En résumé, une certaine dose de curiosité et beaucoup de travail permettent d’être relativement à l’aise sur la plupart des sujets.

La casquette de Porte-parole  a cela d’ingrat qu’elle vous recommande de vous faire le porte-voix de bonnes et mauvaises nouvelles des actions de vos collègues ; n’est-ce pas là une tâche embarrassante ?

Embarrassante, non ! Je dirai peut-être ingrate…

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