Il était un garçon de Kumasi, capitale de la région Ashanti située au sud du Ghana. Il demeure une fierté pour son peuple, pour l’Afrique, voire pour le monde entier, parce qu’incarnant l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Kofi Annan, maître de la médiation, quand bien même échecs et désolation ont répondu présent à son mandat, avant de connaître son couronnement. Tout comme la tempête qui précède le beau temps, selon le site Agenceecofin.com.

A l’âge de 24 ans, son aventure commence, lorsqu’il fait son entrée dans l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui est une agence de l’ONU basée à Genève, où il partagera 12 ans de son savoir-faire avant de passer à une autre étape, celle du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Une fonction qu’Annan assure avec brio, précise le même site.

En 1992, le secrétaire générale de l’ONU d’alors, l’égyptien Boutros Boutros Ghali met en place le département des opérations de maintien de la paix. Kofi Atta Annan est nommé numéro deux du nouveau département, avant d’en prendre la tête l’année d’après. Dans l’exercice de ses fonctions, l’homme connaîtra des échecs, les plus grandes de sa carrière diplomatique.

Le monde assiste au génocide rwandais en 1994. Une tragédie dans laquelle, le général canadien Roméo Dallaire estimera que le Ghanéen a été passif, parce qu’empêchant les troupes onusiennes d’intervenir et d’attaquer les caches d’armes qui ont servi plus tard au massacre. «J’aurais pu, et j’aurais dû faire plus pour sonner l’alarme et réunir des soutiens.», a-t-il reconnu.

Un an plus tard, le subsaharien échoue dans le massacre des Bosniaques à Srebrenica. Encore une fois, l’ONU ne fera rien. Après avoir essuyé deux gros échecs, Kofi Annan ne s’avouera pas vaincu, son optimisme et sa détermination finissent par porter des fruits.

En 1998, ce premier subsaharien secrétaire général de l’ONU marque son mandat par l’augmentation de l’effectif des Casques bleus, et la multiplication de leurs terrains d’intervention. Ainsi, réussira-t-il une médiation entre l’irakien Saddam Hussein, l’américain Bill Clinton et le Britannique Tony Blair. Une grande première pour un homme noir de concilier de grandes puissances.

En 2001, pour ses efforts, le 7e secrétaire général reçoit conjointement à l’ONU, le prix Nobel de la paix. Il est alors au sommet de sa gloire.

En 2007, le Ghanéen Kofi Annan passe le relais de la tête de l’ONU au Sud-coréen Ban-Ki-Moon. Ceci laisse à croire que pour lui, le combat s’arrêterait là. Et pourtant non, l’homme de paix continua d’exercer dans bien d’autres domaines, notamment la lutte contre le VIH, le développement de l’agriculture ou encore l’éducation.

Le maître de la médiation s’en est allé en 2018, plongeant ainsi le monde entier dans une profonde douleur. Que de regrets pour l’univers diplomatique, les grandes puissances, l’Afrique et le Ghana. Feu Kofi Annan, restera à jamais ancré dans l’histoire de l’Organisation des  Nations Unies. Hommage au Ghanéen, hommage à l’un des visages majeurs de la diplomatie mondiale.

 

                                              Maurelle Kouakou