Les performances d’une entreprise dépendent de plusieurs critères. D’une organisation bien réglée, des outils adaptés et d’un personnel (techniquement) compétent. Également, d’une équipe (toujours) motivée, comme au premier jour.

Par Joel Eric Missainoun 

La motivation des salariés est un atout dont l’entreprise ne peut se passer et qu’elle ne peut absolument pas négliger. L’entreprise doit donc intégrer la gestion du « mental » et de la motivation de ses salariés comme un objectif central dans son dispositif de gestion des richesses humaines et de sa productivité.

La démotivation est un fléau au sein de l’entreprise, qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Par ailleurs, la démotivation est contagieuse ; et une fois installée, il est difficile de la renverser, à moins d’opérer de grands changements.

Il faut donc veiller toujours à ce que les salariés se sentent dans un environnement qui facilite ce « bien-être » au travail. Lorsque ces conditions sont réunies, cela se voit et on le sent notamment à travers la bonne atmosphère qui règne en permanence entre les salariés eux-mêmes, mais également entre les salariés et leurs supérieurs hiérarchiques.

Mais, le plus délicat est d’arriver à détecter que quelque chose ne va pas. Détection devant se réaliser suffisamment tôt pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent, avant qu’il ne soit trop tard. Cette capacité de détection sera plus aisée pour les plus proches collaborateurs de la personne concernée. La proximité est un outil indispensable dans de telles situations. Plusieurs éléments permettent de détecter la démotivation d’un collègue. Il faut essayer de surveiller les premiers signaux. Ceux qui vont donner l’alerte et permettre d’éviter le pire.

Parmi ces signaux d’anticipation, on peut citer entre autres, les soucis liés à la productivité du (ou des) collaborateur(s), les modifications comportementales telles que le fait de ne plus communiquer avec les autres, le renfermement sur soi, les absences et les retards (de plus en plus fréquents).

La baisse de la productivité

Un collaborateur peu productif, c’est quelqu’un qui s’inscrit dans la lassitude, l’ennui et le désintérêt (grandissant).

Si rien n’est fait rapidement pour le prendre en main, échanger et comprendre sa situation, il risque de s’effacer (petit à petit) et de laisser place à une démotivation contagieuse.

Le repli sur soi

C’est une situation assez facilement détectable. Le salarié qui décide de se replier sur lui-même ne passe pas inaperçu. Il diminue, voire arrête toute collaboration avec ses collègues, il entre dans une phase d’« auto isolation » qui va entraîner, petit à petit, une rupture avec le fonctionnement habituel de l’entreprise.

L’absentéisme ou les retards répétés

Au-delà du repli sur soi, quand on est réellement démotivé, on perd l’envie d’aller au travail. On est absent, de façon répétitive, organisée, on ne prévient ni ne s’excuse vraiment. On est perdu. Ce genre de comportement est également un signe annonciateur de ce que l’on ne se sent pas bien au travail, et que l’on serait mieux partout ailleurs.

Il faut donc être sensible à ces absences pour les détecter dès le début et ainsi commencer à anticiper des solutions dès que possible, évitant ainsi un approfondissement ou une amplification de la situation.

L’absence de projection dans l’avenir, pas de vision à long terme

Un salarié démotivé le montrera également par sa façon d’exécuter son travail. Il ne sentira pas de sens au fait de se projeter dans l’avenir. Il refusera donc par exemple de s’engager dans des projets à long terme. Pour lui, son avenir n’est plus dans l’avenir ; et il ne voit donc pas la nécessité de s’engager sur de tels programmes, à moyen (ou long) terme.

Pour conclure, nous dirons que le premier responsable de l’atmosphère qui règne ou pas dans l’entreprise est le manager. Il doit être capable de déceler la démotivation chez ses collaborateurs. Mais, il doit également savoir adopter la méthode de travail la plus adaptée, pour éviter des situations pouvant causer cette démotivation.

Dans certains cas (par exemple), la démotivation résulte d’un problème de management. Encore trop souvent utilisé, le management pyramidal crée parfois chez les salariés un manque d’implication dans le projet global de l’entreprise et peut engendrer une certaine démotivation.

Le choix de la bonne méthode de management est très certainement un atout dans la bonne gestion des équipes (de collaborateurs) et, par conséquent, un bon moyen, mais pas le seul, d’éviter les risques de démotivation.