Il y a quelques années, dans le cadre de mon activité de coach professionnelle au Québec, je recevais, dans mon bureau un jeune homme,  âgé d’une vingtaine d’années, pour une démarche d’accompagnement en développement professionnel.

Ce que je constatais, dès les premières secondes de la rencontre, c’est que visiblement ce jeune homme n’avait pas très envie d’être dans mon bureau. Pourtant, il était là…Peut-être, avait-il reçu les recommandations de ses parents, de ses professeurs ou des intervenants sociaux de venir me voir pour prendre en main son avenir professionnel… Tout dans son attitude, sa posture, son langage corporel démontrait un manque de motivation, d’engagement et de détermination à faire de sa propre démarche de coaching un succès. Il était assis de façon nonchalante, plus encore, il était littéralement avachi sur sa chaise, et il me regardait  d’un air blasé, avec une expression de «Je sais déjà ce que vous allez me dire…». Cette scène était à la fois nouvelle, surprenante pour moi, et elle en devenait pratiquement drôle ; on aurait vraiment dit que ce jeune avait fait de sa chaise un lit à coucher! … Alors, comment établir une communication efficace avec ce jeune homme ? me demandais-je intérieurement…

 

Le rôle d’un coach n’étant pas de dire quoi faire à son client, mais plutôt de l’aider à le découvrir par lui-même, je ne voulais ni me fâcher, ni lui faire de leçon de morale, de savoir-être ou de bienséance. J’ai décidé en une fraction de seconde, de jouer la carte de l’audace, de la provocation. Afin de lui refléter clairement ce que sa communication non-verbale envoyait comme message, j’ai décidé, sans dire un mot d’adopter la même position que lui. A mon tour, je me suis affalée sur ma chaise…histoire d’établir la connexion avec lui ! Et, à ma grande surprise cela a fonctionné à merveille, bien plus que je ne l’aurais imaginé !

Me voyant assise, sur ma chaise comme si j’étais à la plage, ce jeune homme, les yeux écarquillés,  se redressa automatiquement et se mit en position d’écoute, le torse légèrement incliné vers l’avant, et nous avons pu commencer notre rencontre de coaching en bonne et dûe forme

Ce qui est à retenir de cette anecdote est que le message que j’avais à lui transmettre est passé à la perfection, sans même que j’eus à ouvrir la bouche !

 

Avant de vous partager 3 attitudes gagnantes, pour communiquer plus efficacement, issues de mon expérience professionnelle, je voulais vous préciser  ce que j’entends par communiquer efficacement et ce, quelle que soit votre fonction au sein de l’entreprise : que vous soyez l’émetteur ou le récepteur de l’information.

Communiquer, c’est mettre en commun, c’est établir un lien avec son interlocuteur et c’est voir le monde avec les yeux de l’autre.

Communiquer efficacement, c’est être à l’écoute de soi, de l’autre et de son environnement.

Communiquer efficacement, c’est savoir questionner plutôt que d’affirmer son point de vue.

Communiquer efficacement,  c’est savoir  identifier des solutions novatrices lorsque l’on se sent pris dans des impasses.

Lorsque l’on communique efficacement, on crée un lien de communication direct avec son interlocuteur, on crée de l’impact, on laisse une empreinte forte.

 

Voici donc les 3 attitudes gagnantes pour communiquer plus efficacement, que je tenais à vous partager :

 

  • L’attitude d’écoute active

L’attitude d ‘écoute active démontre une habileté à écouter son interlocuteur avec attention. Lorsque l’on adopte cette attitude, on est capable de bien reformuler les propos, opinions de l’autre (verbalement ou non-verbalement), et ce même lorsque l’on n’est pas d’accord avec lui.  Dans le cas de l’anecdote citée plus haut, en adoptant la même posture que le jeune homme, j’établissais la connexion et je lui montrais  ainsi que j’étais prête à l’écouter pleinement.

 

  • L’attitude apprenante

 

L’attitude apprenante consiste à adopter constamment une posture d’ouverture, de disponibilité à l’apprentissage, au développement et à l’amélioration continue.  L’attitude apprenante implique à la fois la curiosité et le non-jugement. Le jugement limite, alors que le non-jugement est libérateur. Lorsque l’on est dans le jugement, on laisse la porte ouverte aux préjugés, aux suppositions, aux émotions (colère, tristesse, anxiété…) qui n’ont pas lieu d’être. L’attitude apprenante nécessite d’éviter l’attitude du « Je sais déjà ça« , qui ferme et limite les possibilités de progression.

Dans le cas de l’anecdote citée plus haut, j’ai fait le choix conscient de  rester en position d’apprenante et de me poser la question suivante : Comment établir une communication efficace avec ce jeune homme?

 

  • L’attitude créative

L’attitude créative consiste à trouver des solutions novatrices, là ou les autres ne voient que des problèmes. Cela passe parfois par l’utilisation de  l’humour, l’auto-dérision ou la dédramatisation d’une situation. L’attitude créative amène à s’ouvrir à la nouveauté et à trouver rapidement de nouvelles possibilités ou options qui n’auraient même pas été imaginables quelques minutes auparavant. Dans le cas de l’anecdote citée plus haut, j’ai expérimenté une attitude nouvelle pour établir la communication avec mon client : en choisissant le mode provocateur,  j’ai su faire passer subtilement mon message !

Parmi, ces 3 attitudes gagnantes, laquelle vous interpelle le plus ?

Et pour quelles raisons ?

 

Que vous soyez employeur, employé, entrepreneur ou à la recherche de nouvelles opportunités….et si un simple changement d’attitude pouvait vous permettre de communiquer plus efficacement et d’amener vos résultats à un niveau supérieur, qu’en diriez-vous ?

Sessi Hounkanrin

sessi illus