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Les autres et moi : MAUVAISE COMPAGNIE

Se protéger de la contagion des mœurs négatives

POURQUOI SOMMES-NOUS SI SOUVENT CONTAMINÉS PAR LES MŒURS NÉGATIVES ?

Le besoin de valorisation ou de reconnaissance sociale, la naïveté, l’ignorance etc., nous amènent parfois à tenter de nous identifier aux autres en copiant leurs manières de faire et de penser même si celles-ci sont négatives. D’ailleurs, à l’heure d’internet, des réseaux sociaux et de leur incroyable habileté à diffuser l’information et les pratiques, il devient de plus en plus difficile pour l’individu de résister à la contagion du conformisme. La société, elle-même, devient totalitaire en imposant à l’individu les codes et les pratiques « convenables ». Toute résistance aux manières de faire et de penser communes ou à la mode active entraîne systématiquement la menace d’une sanction qui se décline en un risque de marginalisation de l’individu. C’est pourquoi, certains parmi nous chercheront à s’habiller comme tel artiste, à consommer des stupéfiants comme tel ami ou à adopter telle autre pratique perçue comme négative. L’enjeu ici est de paraître « branché » et/ou se prémunir contre les conséquences d’un anticonformisme. Faire comme les autres devient donc un style de vie qu’on s’impose souvent par le biais d’une violence symbolique.

COMMENTAIRE SE PRÉMUNIR DE LA CONTAGION?

Quoique cela constitue une réalité implacable, l'adoption de mœurs jugées négatives via notre interaction avec l'autre ou le groupe social d'appartenance n'est en rien une fatalité. Il est évident que le processus de socialisation que nous connaissons de la naissance jusqu'à ce que la mort exige l'assimilation de normes, d'idéologies et de pratiques en lien avec notre milieu d'origine construisant ainsi notre personnalité sociale. Cependant, ce même processus de socialisation induit - par l'expérience personnelle, le contact avec d'autres cultures, l'accumulation de savoirs et de découvertes - la construction d'une personnalité individuelle qui distingue l'individu de la multitude. Ainsi, plus nous enrichissons notre personnalité individuelle par rapport à notre personnalité sociale, plus faible sera le risque de contagion au conformisme et donc aux mœurs négatives de notre entourage. A contrario, tant que l'individu considèrera sa conduite personnelle comme devant être soumise aux normes et pratiques du groupe ou encore à évaluer des autres, il sera davantage amené à faire dans le «politiquement correct».

Serge GOHOU

Sociologue