Loading...

UN HOMME ORDINAIRE

Entrevue intimiste avec Jean Louis Billon, ministre ivoirien du Commerce dans sa propriété privée du Plateau. Le maître des lieux est en symbiose parfaite avec son habitat fait essentiellement de verdure. À 52 ans, il est à la tête de l'une des plus grosses fortunes du continent africain. Conscient que la jeunesse ivoirienne aimerait bien marcher dans le sillon d'un Billon, il se livre corps et ... esprit, pour la première fois.

 

Jean-Louis Eugène Billon. Peu d'Ivoiriens connaît ce prénom «Eugène». Peutêtre parce que vous le mettez sciemment sous l'éteignoir. Pourquoi? Tous qui ont été avec moi à l'école ceux qui connaissent ce prénom. Mais, comme c'est le second prénom, il n'est pas utilisé actuellement. On ne demande que le nom et le prénom. D'où vous vient cette combinaison de prénoms? Mes deux prénoms me viennent de mon grand-père et de mon parrain. Pensez-vous comme bien des gens que le ou les prénoms ont une incidence sur l'individu qui le (s) porte? Non, je ne le pense pas. Je crois en l'éducation que l'on reçoit, autrement, tous ceux qui ont le même prénom se ressembleraient en tout comportement. Quel (s) prénom (s) auriez-vous aimé porter? Jean-Louis Comment vous définiriez-vous? Croyant, superstitieux? Je crois en Dieu et je crains Dieu. Le commun des mortels voit généralement des modèles de réussite sociale comme des personnes dénuées de foi ou du moins des personnes qui se sont éloignées de la religion. Vous en dites quoi vous concernant? Ce n'est pas ma philosophie. Je crois que quel que soit ce que l'on est sur terre, face à Dieu, on est seul responsable de son âme. Comme disait Maurice Druont «tout acte injuste de l'homme même commis pour une juste cause porte en soi sa propre malédiction.» Aurais-je tort si je disais que vous ne renvoyez pas l'image de celui qui s'impose une prière au petit matin avant toute chose choisie et au coucher le soir? Vous auriez délit. En tant que l'un des hommes les plus influents et les plus fortunés d'affaires francophones du continent africain, d'après le classement Forbes de novembre 2015, vous êtes, assurément, confronté au monde redoutable du business. D'où puisez-vous votre «combativité» pour résister et réussir? D'abord, je ne suis pas seul. C'est moi qu'on met en avant alors qu'il s'agit d'une entreprise familiale, constituée de partenaires et d'employés qui participent à une réussite et cela rend plus fort. Cela dit, depuis que je suis rentré au gouvernement, je suis retiré de toute fonction dans l'entreprise afin qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêt. Dans votre immense propriété au Plateau, vous consacrez les 4/5 de la superficie à la végétation au détriment de l'habitat en lui-même. À quoi cela répond-il? Vous rigolez! Elle n'est pas immense, c'est seulement un grand jardin. C'est la nature qui est privilégiée et le jardin apporte plus d'apaisement et de sérénité. J'aime les grands espaces, et à Abidjan, les grands espaces de ma région, le Hambol, me manquent énormément. Vous semblez être en symbiose parfaite avec la nature, l'écosystème. Vous marquez une halte et, plein de ravissement, vous admirez vos deux mini-étangs. N'estce pas une posture inédite pour un homme d'affaires présumément accaparé par des dossiers financiers? Pas du tout. Il ne faut pas croire que les affaires et la politique ne se font que dans une jungle de béton. D'ailleurs, la protection de l'environnement et l'équilibre de la nature sont assurément les centres d'intérêt de ce XXIème siècle. Vous étiez, jusque dans un passé récent, amateur de marche et de boxe thaïlandaise. La marche, ça peut se comprendre. Mais, je dois avouer que la boxe thaïlandaise rompt brutalement avec l'image juvénile et docile que vous renvoyez. C'est plutôt le jogging que je pratiquais à hauteur de 5km par jours mais, j'ai arrêté en raison de problèmes de genoux. Par contre, pour la boxe thaïlandaise, c'est un sport que je pratiquais avec mon petit frère (Rire). C'était une manière de nous défouler. C'est d'ailleurs un sport très exigeant mais également très violent. J'ai arrêté quand mon petit frère a cru que c'était un lieu de règlement de comptes (Rire). Ce magazine qui se veut aspirationnel et inspirationnel cible notamment les jeunes. Que leur diriez-vous en guise de conseil pour se forger un état d'esprit de gagneurs? Je leur dirai de croire en eux d'abord, en leur possibilité et en leurs rêves. Enfin, je leur citerai Oscar Wilde: «Il faut, dans la vie, avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue au fur et à mesure qu'on s'en éloigne et toujours viser la lune. Si vous la rater ce n'est pas bien grave, vous resterez parmi les étoiles

Vous êtes, par ailleurs, président du Conseil régional du Hambol. Quand il vous vient à l'idée de vous ressourcer, où allez-vous? Je suis le guide. J'ai été élu à la présidence du Conseil régional du Hambol mais, de par ma position de ministre, je ne le préside pas. Pour me ressourcer, j'aime faire une balade dans ma région en parcourant les pistes peu fréquentées. Que suscitent en vous les mots suivants: abandon - échec - principe - originalité? L'abandon suscite en moi le fait de ne pas s'entêter. L'échec suscite en moi une leçon, le principesuscite en moi l'éducation, une boussole qu'il ne faut jamais abandonner. L'originalité suscite en moi une différence, un art même un talent et un don. Si vous aviez une baguette magique en main, que changeriez en premier dans la société ivoirienne? Je commencerai par éliminer les trois «C», qui minent la société ivoirienne et qui sont: commotion cérébrale, corruption et cupidité. Quelles sont vos valeurs personnelles et vos rapports à la famille? Mes valeurs personnelles sont mon éducation, mes principes, les valeurs morales empreintes de respect, de justice et d'équité. Ces valeurs sont diffusées par votre famille, au départ. Et le premier commandement de Dieu dit précisément «ton père et ta mère, tu honoreras». La famille est toujours mon premier repère. Vous pensez quoi de la cosmogonie africaine que d'aucuns requalifient de Fétichisme? En avez-vous déjà recours? (Rire) Ce que l'on qualifie souvent de fétichisme, comme beaucoup d'entre nous n'est autre chose qu'une religion qui existait dans nos régions avant les religions chrétiennes et musulmans. Et, venant de Dabakala, région connue pour son animisme, j'ai été initié à l'adolescence comme tous les jeunes hommes de chez moi. Vous diriez quoi de la franc-maçonnerie? En êtes-vous membre? Je n'en suis pas membre. Que pensez-vous de ceux qui en sont membres? Je respecte leurs convictions. Vous êtes assurément celui qui allie harmonieusement business et politique. C'est quoi le secret? Il n'y a pas de secret particulier je pense qu'il ne peut y avoir de bon business sans bonne politique. Les leaders politiques ont une responsabilité aussi bien dans le succès que dans les échecs économiques de leur pays. La politique est justement une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains seules des politiciens. Jean-Louis Billon, merci. Que pensez-vous de ceux qui en sont membres? Je respecte leurs convictions. Vous êtes assurément celui qui allie harmonieusement business et politique. C'est quoi le secret? Il n'y a pas de secret particulier je pense qu'il ne peut y avoir de bon business sans bonne politique. Les leaders politiques ont une responsabilité aussi bien dans le succès que dans les échecs économiques de leur pays. La politique est justement une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains seules des politiciens. Jean-Louis Billon, merci. Que pensez-vous de ceux qui en sont membres? Je respecte leurs convictions. Vous êtes assurément celui qui allie harmonieusement business et politique. C'est quoi le secret? Il n'y a pas de secret particulier je pense qu'il ne peut y avoir de bon business sans bonne politique. Les leaders politiques ont une responsabilité aussi bien dans le succès que dans les échecs économiques de leur pays. La politique est justement une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains seules des politiciens. Jean-Louis Billon, merci. Les leaders politiques ont une responsabilité aussi bien dans le succès que dans les échecs économiques de leur pays. La politique est justement une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains seules des politiciens. Jean-Louis Billon, merci. Les leaders politiques ont une responsabilité aussi bien dans le succès que dans les échecs économiques de leur pays. La politique est justement une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains seules des politiciens. Jean-Louis Billon, merci.