Un peu rêveuse, sourire généreux et toujours la tête dans les cieux. C’est ainsi que Prudence MAÏDOU nous entraîne dans son univers. La Centrafricaine (re)pense, avec nous, le cinéma africain. À travers son parcours coloré d’art, de danse, de chant […] et de théâtre. Interview.

 Prudence, est-ce le cinéma qui est venu à vous, ou c’est l’inverse ?

C’est moi qui suis allée au cinéma. À la base, je suis danseuse de variétés, à Paris, pour des émissions de télévision. C’est un peu de la comédie aussi, parce que c’est de l’interprétation. Et en parallèle, il m’est venu l’envie de faire du théâtre. J’ai donc commencé à suivre des cours en cachette. C’est une passion intime. Quelque chose qui n’est pas légitime.

À quel moment vous lancez-vous dans le cinéma ?

En 2003. Je suis arrivée à une période de ma vie de danseuse où je me suis dit : « Soit tu cartonnes en tant que danseuse et tu restes dans le milieu, soit tu arrêtes. » Et c’est à ce moment que je suis invitée à présenter une émission avec Vincent Lagaff sur une chaîne de télévision française. Je réalise alors mon aisance devant la caméra – et le micro. [Cela] a été (pour moi) un déclic.

Parlons de Bienvenue au Gondwna.

Mon rôle dans le film est celui de Betty, l’actrice principale. Le seul personnage qui n’est nullement drôle, qui n’est pas comique. C’est la jeune femme révolutionnaire qui est exaspérée par la corruption. L’abandon des citoyens par le gouvernement. Elle va accueillir à bras ouverts la communauté internationale, venue pour superviser les élections. Et elle va leur montrer les coulisses des élections présidentielles en Afrique. J’ai été heureuse de jouer ce rôle, parce que je trouve qu’aujourd’hui, de plus en plus de jeunes s’engagent dans un éveil de conscience. Mon rôle dans ce film va dans ce sens.

Vous êtes installée en Côte d’Ivoire. Qu’avez-vous apporté d’original au cinéma local ?

Je lui ai apporté la première comédie musicale : African Cabaret. Je pense que la fraîcheur est déjà là. J’ai mis sur scène à peu près trente-cinq (35) artistes, à qui j’ai apporté un plus dans la formation. Et là, je les emmène à l’étranger voir autre chose.

J’ai été agréablement surprise. La première à l’Espace Crystal (Abidjan-Marcory, NDLR) était magique. Il y a eu une standing ovation à la fin. Les gens se sont retrouvés dans l’histoire, aussi bien dans le côté occidental que dans le côté africain. Ils étaient surpris que l’on puisse créer quelque chose comme de ce genre en Côte d’Ivoire…

Charlène Danon

A lire en intégralité dans le 6ème numéro du magazine Esprit, disponible en ligne, dans les librairies, kiosques et points de ventes habituels.